Malgré le fléchissement généralisé de l’activité du capital-risque (C-R) dans le monde, au Québec, le marché a pris de l’expansion au premier trimestre de 2009 selon des statistiques publiées par Réseau Capital. De fait, un total de 156 millions de dollars ont été investis au Québec, soit 33 % de plus que les 118 millions de dollars investis au cours de la même période en 2008. L’activité du premier trimestre 2009 a d’ailleurs également surpassé celle du dernier trimestre de 2008 au cours duquel 90 millions de dollars avaient été investis.
Le portrait du Québec contraste nettement avec le portrait canadien où les mises de fonds ont chuté de 25 %, passant de 367 millions de dollars au premier trimestre 2008 à 275 millions de dollars au premier trimestre 2009. Ce résultat a été principalement attribuable à la plongée de l’activité de C-R en Ontario qui a connu une chute de 62 % au cours des douze derniers mois. Ainsi, 57 % de tous les investissements faits au pays au premier trimestre ont été effectués au Québec, ce qui constitue une amélioration notable par rapport au 28 % enregistré au cours de l’année 2008. En termes de nombre d’entreprises financées, le Québec a aussi continué de bénéficier de la plus grosse part d’entreprises financées par du C-R, soit 49% du total canadien.
Janie C. Béique, co-présidente de Réseau Capital et vice-présidente principale, Nouvelle économie Fonds de solidarité FTQ, a souligné que malgré un contexte économique difficile internationalement, les entreprises technologiques québécoises ont recueillies une part importante des investissements effectués au Canada. « Cela démontre la qualité des entreprises technologiques québécoises et renforcit la nécessité de mettre rapidement en place des mesures pour assurer leur accès continu au capital nécessaire à leur développement », a-t-elle souligné.
Qui s’intéresse au C-R?
L’activité des fonds américains de C-R et d’autres investisseurs étrangers dans le marché québécois, qui avait chuté précipitamment l’an dernier, a repris de la vigueur au cours des premiers mois de 2009. Ces investisseurs ont contribué à un total de 49 millions de dollars aux entreprises québécoises, soit plus que le double des 18 millions de dollars investis au premier trimestre de 2008.
Les investisseurs étrangers ont ainsi été à l’origine de 31 % de tous les investissements au Québec entre janvier et mars et ont joué un rôle primordial dans plusieurs financements majeurs.
Les fonds de travailleurs et autres fonds fiscalisés du Québec ont aussi amélioré leur activité. Ils ont investit 24 millions de dollars dans 34 compagnies en comparaison de 23 millions de dollars au même trimestre l’an dernier. L’activité des fonds fiscalisés a ainsi représenté 15 % du total de l’activité de C-R au Québec au premier trimestre 2009
Les fonds gouvernementaux de C-R ont également augmenté leur activité de 17 %, investissant 15 millions de dollars entre janvier et mars. Par contre, l’activité des fonds privés indépendants du Québec a été inférieure à la normale suivant un investissement de 12 millions dollars, ou 32 % de moins que l’activité enregistrée l’année précédente.
Les secteurs privilégiés
Les niveaux accrus d’activité de C-R au Québec au premier trimestre se sont situés dans plusieurs secteurs. Le principal bénéficiaire a été le secteur des technologies qui a reçu 82 millions de dollars affectés à une douzaine de compagnies, soit 82 % de plus que les 45 millions de dollars investis l’année précédente. Par conséquent, l’activité liée aux TI a représenté plus de la moitié de tous les investissements au Québec au premier trimestre 2009, comparativement à 41 % pour toute l’année 2008.
Le sous-secteur des télécommunications a été le moteur de cette tendance, deux entreprises, dont Airborne Mobile de Montréal, ayant absorbé 54 millions de dollars, une amélioration notable sur les 17 millions de dollars acquis il y a un an.
Contrairement à l’activité liée aux premiers trimestres, l’activité dans le secteur des sciences de la vie au Québec a malheureusement considérablement diminué au premier trimestre. Seulement 5 millions de dollars ont été versés à quatre compagnies, environ un quart des 21 millions de dollars investis au TI 2008. Cette tendance s’est également reflétée au niveau canadien où le secteur des sciences de la vie a obtenu seulement 4 % du total des sommes investies en C-R, une de ses parts les plus faibles jamais inscrites.
Les secteurs traditionnels au Québec ont pris de l’élan au premier trimestre. Grâce principalement à Zoom Media et à l’activité dans d’autres secteurs commerciaux, 32 compagnies appartenant à ces secteurs ont reçu 60 millions de dollars, une hausse de 52 % par rapport aux 39 millions de dollars du premier trimestre de 2008. L’activité traditionnelle a acquis 38 % du total des dollars investis au premier trimestre, une amélioration en comparaison de toute l’année dernière.
Les activités par stade
Après un repli constant au cours de 2008, les investissements dans les entreprises en début de croissance ont connu un certain regain de vigueur au premier trimestre 2009. Quoique moins nombreuses, les 18 entreprises en début de croissance ont attiré plus de la moitié des capitaux, soit 83 millions de dollars. Ce montant se compare à 35 millions de dollars injectés dans des entreprises à ce stade de développement l’an dernier.
Parmi ces 18 entreprises, huit étaient au stade de démarrage et se sont approprié 65 millions de dollars. Les démarrages seuls ont représenté 42 % de l’activité totale au Québec comparativement à 11 % durant toute l’année dernière.
Dès le démarrage?
L’activité canadienne de levée de fonds de C-R a été particulièrement tiède au cours des trois premiers mois, les nouveaux engagements totalisant 149 millions $, ce qui est loin des 418 millions de dollars engagés à la même période l’an dernier. Les gestionnaires de fonds de C-R établis au Québec ont représenté 29 % du total au premier trimestre de 2009.
Janie C. Béique, co-présidente de Réseau Capital et Vice-présidente principale, Nouvelle économie Fonds de solidarité FTQ, a pour sa part soulevé la grande difficulté qu’éprouvent les fonds de capitaux de risque à lever du capital. « En tant que source importante de capitaux pour les entreprises technologiques du Québec, il est primordial de mettre en oeuvre des mesures pour faciliter leur financement », a-t-elle mentionné