Lors de la première rencontre à laquelle j’ai assisté pour discuter de la retraite à titre personnel, on m’a parlé de la réalité suivante : la plupart des gens passent 11 mois de l’année à épargner une partie de leur salaire afin de passer deux semaines de vacances agréables. Il faut donc épargner en fonction du genre de vacances que l’on souhaite s’offrir. C’est à peu près le même principe pour la retraite. On passe sa vie professionnelle à cotiser à un régime de retraite afin de pouvoir bénéficier de certains revenus lorsqu’on s’arrête de travailler. Il s’agit donc de se demander quelle sorte de retraite on veut, afin de planifier son épargne en conséquence.
C’est une image claire et assez facile à comprendre. La réponse à la question l’est également : je veux avoir une somme qui, sans présumer que je vais atteindre les rangs des millionnaires, me permet de profiter au maximum de mes années de retraite.
Une fois que la décision de cotiser à un régime pour financer ma retraite est prise vient une question plus difficile : quel genre d’investisseur êtes-vous ? Là, je suis un peu perdu, car ce n’est pas vraiment une chose à laquelle j’ai beaucoup pensé – une attitude qui, j’imagine, n’est pas unique. Mais, il est évident que la tendance qui semble nous mener davantage vers les régimes à cotisations déterminées (CD) oblige les participants à faire ce genre de réflexion. Et, quand il s’agit de notre propre argent, la conclusion est encore plus difficile à trouver.
C’est toujours une affaire risquée de se mettre à faire des généralisations, surtout quand on parle de l’argent. Mais il y aurait peut-être une certaine logique à affirmer que, dans le cadre d’un régime de retraite, les jeunes seraient moins allergiques aux risques que les personnes plus âgées quant au choix de placements. Le simple fait d’être plus éloigné de la période de décaissement des fonds permettrait d’arriver à une conclusion comme suit : j’assume plus de risque aujourd’hui, afin d’avoir un rendement plus important à court ou à moyen terme et, plus tard, j’adopterais une stratégie à plus faible risque qui permettra de consolider ce que j’ai acquis. Si une stratégie à risque plus élevé m’exposait à de grandes pertes, j’aurais le temps de m’en remettre.
Bien sûr, une telle stratégie ne convient pas à tous les jeunes – non plus à toutes les personnes plus âgées, d’ailleurs. Un communiqué de presse que j’ai lu le mois dernier à propos des jeunes et des placements a effectivement proposé une autre tactique. Il notait que les investissements à plus faible risque pourraient encourager davantage de jeunes à maintenir leur participation à des régimes CD. L’argument est que l’important, c’est d’encourager des cotisations et que les bas rendements peuvent faire fuir les participants, particulièrement ceux qui possèdent des sommes relativement petites à investir. Bien que les rendements du régime soient probablement moins élevés, les placements effectués selon une stratégie à plus faible risque pourraient être moins touchés par un ralentissement des marchés. Les participants auraient moins tendance à considérer que leur argent durement gagné est gaspillé et continueraient donc leur participation au régime.
Étant donné le contexte économique actuel – qui est, disons-le, incertain –, on peut facilement comprendre la réticence des jeunes à s’exposer aux risques. Il est également clair qu’il est crucial de hausser les cotisations aux régimes de retraite et de convaincre les gens de la nécessité d’épargner et d’assumer leur part de risque. Les promoteurs peuvent aider les participants aux régimes de retraite, en adoptant, par exemple, une stratégie de placement par défaut, mais une telle tactique n’est pas sans risque pour le promoteur.
D’autres scénarios sont également possibles. Et, dans tous les cas, concevoir une stratégie de placement en fonction du profil des participants s’avère d’une réelle importance afin d’encourager les cotisations et de les maintenir.
Mais comment interpréter le profil des gens à cet égard? N’oublions pas qu’un grand nombre de participants aux régimes ne s’intéressent aucunement à la finance. Prendre le temps de bien connaître les besoins, les attentes et les soucis des jeunes – et aussi des moins jeunes! –, ainsi que les aider à comprendre toutes les options disponibles serait alors une stratégie gagnante.