La tendance veut que de plus en plus de régimes à prestations déterminées (PD) soient fermés aux nouveaux employés et que les entreprises ouvrent des régimes CD pour ces travailleurs. Bien qu’il importe de souligner que chaque système de retraite est le fruit d’un contexte particulier, l’étude des facteurs de réussite de différents systèmes dans le monde permet de constater l’importance des structures d’investissement et surtout de la simplicité de ces mêmes structures.

Au Canada, une bonne partie de la population est couverte par un régime PD, mais lorsqu’un régime CD est offert aux employés, seulement deux tiers (66,4 %) y cotisent, soit un peu plus que dans le cas de REER collectifs (61,6 %). On note également une plus grande participation quand l’adhésion est obligatoire ou automatique.

Étant donné que beaucoup de participants qui ont accès à un régime ne prennent forcément pas le temps d’y adhérer, il est difficile de s’attendre à ce que ceux-ci deviennent de vrais gestionnaires de portefeuille qui prennent des décisions sophistiquées quant aux options de placement offertes.

Même si les régimes CD sont offerts aux États-Unis depuis 40 ans, on y constate toujours une mauvaise compréhension de l’importance de l’épargne et de la répartition de l’actif. On a observé également que trop d’information n’a pas forcément le but voulu; au contraire, cela a souvent l’effet de désengager les participants. Il s’est produit un remaniement des communications afin de mieux se concentrer sur un concept d’épargne et sur les concepts les plus simples de répartition d’actifs. La réalité c’est que beaucoup de participants ne savent pas forcément ce dont ils ont besoin pour mieux comprendre leur régime.

Beaucoup d’efforts ont été faits au cours des dernières années pour traiter de cet enjeu, ce qui a favorisé le passage d’un éventail de produits importants vers un choix réduit et accordé une place plus importante aux fonds de cycle de vie dans les options par défaut. À l’avenir, il sera conseillé de suivre les principes de simplicité et de donner aux options des termes simples permettant aux participants de comprendre leurs choix.

Ensuite, il importe de classer les choix par objectif et d’offrir une vraie diversification, qui peut comporter des catégories d’actifs moins corrélées, et d’incorporer des pratiques exemplaires d’investissement institutionnel qui sont déjà courantes chez les promoteurs de régimes PD.

Des recherches ont permis de constater que, même s’il y avait toujours beaucoup de confusion, les participants saisissent certains mots ou concepts, dont la croissance, le revenu, la protection contre l’inflation et les liquidités.

Il importe de penser aux façons de restructurer les fonds en utilisant des concepts plus faciles à comprendre qui peuvent s’aligner avec l’éducation et la formation sur la répartition d’actifs, lesquelles contribuent beaucoup au succès du régime. Dans la catégorie « croissance », par exemple, on trouverait des actions canadiennes et mondiales et dans « revenu », une stratégie obligataire.

Pour mettre en pratique une telle tactique de placement, il s’agit de restructurer la présentation des options, d’offrir des fonds préétablis axés sur les objectifs des participants et de personnaliser davantage l’offre en fonction de la nature et du profil des participants.

Christine Girvan | Directrice générale responsable des ventes et de la gestion des relations avec les clients chez MFS McLean Budden