J’ai débuté ma carrière en août 1989 comme rédacteur en chef du magazine Benefits Canada. Un beau matin, l’éditeur John Milne débarque dans mon bureau pour m’annoncer de but en blanc que Benefits Canada allait maintenant avoir une édition spéciale s’appelant Benefits Canada pour le Québec.
« Pour le Québec ? dis-je, cette nouvelle édition est donc pour le Québec ? »
– Oui, rétorqua fièrement John. L’industrie des avantages sociaux et des caisses de retraite au Québec est forte d’une communauté très active et le contexte réglementaire unique du Québec exige une attention toute particulière de notre part.
– Écrit en français ?
– Bien sûr, idiot ! me lança John, c’est la principale langue parlée au Québec.
– Mais je ne parle pas français… , balbutiai-je.
Constatant l’inquiétude dans mon filet de voix, mon éditeur bienveillant me rassura par la suite en me disant que ce n’était pas vraiment un problème. Il m’expliqua alors son plan. « C’est simple, expliqua-t-il, les articles seront commandés et rédigés en français. Ils seront ensuite traduits en anglais pour nous permettre de les réviser. Le processus terminé, on les retraduira en français. Et voilà ! »
Puis, il ajouta : « Il ne faut pas s’inquiéter, notre rédacteur en chef adjoint prend des cours de français… ».
Serein, je n’ai recommencé à me soucier de la chose qu’à mon premier voyage à Montréal avec notre rédacteur en chef adjoint, qui venait de terminer ses cours de français. Nous arrivons à l’hôtel et il se dirige d’un pas décidé au comptoir de la réception.
« Good afternoon, dit-il, I am here to check in », en anglais. Ce n’était pas bon signe du tout.
Voilà comment a commencé l’aventure d’Avantages.
Heureusement, nous avons pu par la suite embaucher un excellent rédacteur de langue française. Sous la férule affable d’Antoine Di Lillo, Avantages a grandi pour devenir une publication d’envergure affiliée à Benefits Canada. Et le magazine a joué un rôle important au sein de la communauté québécoise des avantages sociaux et des caisses de retraite au moment même où la délégation du Québec allait former la section la plus dynamique de l’Institut canadien de la retraite et des avantages sociaux. En tant qu’éditeur de magazine établi à Toronto, nous avons toujours été très fiers d’Avantages. Sa création a fait en sorte que notre initiative éditoriale du début est devenue une entreprise véritablement nationale. Plus important encore, les idées et les points de vue que nous avons glanés en participant activement à l’industrie au Québec nous ont permis d’améliorer nos activités à Toronto, de sorte que cette belle aventure a contribué largement à notre croissance.
Je remercie donc Avantages.
Et je vous souhaite un superbe anniversaire.
Paul Williams, ex-éditeur
(Dans la photo : John Milne, Paul Williams et Antoine DiLillo en 2006)