Le gouvernement du Québec songe à introduire dans La Loi sur les normes du travail des dispositions visant à donner un peu de répit aux proches aidants, rapporte Le Soleil.

La ministre du Travail, Dominique Vien, a expliqué « prendre acte » du projet de loi présenté mercredi dernier par le député de la Coalition avenir Québec Marc Picard. Celui-ci propose de permettre à tout proche aidant de prendre 10 journées de congé sans solde par année « afin de fournir des soins ou du soutien à un proche, que ce dernier soit membre ou non de sa famille immédiate ».

La personne recevant des soins pourrait donc être un ami ou un voisin, par exemple. Cette révision de la loi permettrait, selon Marc Picard, d’offrir aux salariés le même répit auquel ils ont déjà droit pour remplir leurs obligations parentales ou en raison de l’état de santé d’un membre de leur famille. Le projet de loi précise que le congé pourrait être fractionné en demi-journées ou en heures, si l’employeur y consent.

Les modifications proposées porteraient par ailleurs de 12 à 17 semaines la période durant laquelle un salarié peut s’absenter du travail sur une période de 12 mois lorsque sa présence est requise auprès d’un proche en raison d’une maladie ou d’une blessure grave.

La coordonnatrice générale du Regroupement des aidants naturels du Québec, Irène Demczuk, estime qu’une révision de la loi permettrait au Québec de suivre la voie récemment ouverte par Ottawa.

« On a fait des gains très importants cette année au plan fédéral avec une nouvelle prestation de compassion. Les travailleurs et les travailleuses proches aidants au Québec vont pouvoir s’absenter 15 semaines du travail pour s’occuper d’un proche, mais la loi québécoise sur les normes ne les protège pas. Ils pourraient perdre leur lien d’emploi à cause de ça », a-t-elle expliquée en entrevue au Soleil.

Selon Marc Picard, plus de 1,2 million de Québécois s’occupent d’un proche à autonomie restreinte dans la province, et 60 % d’entre eux sont sur le marché du travail.

Le gouvernement de Philippe Couillard a déjà évoqué à plusieurs reprises au cours des derniers mois sa volonté de revisiter la Loi sur les normes du travail.