Les caisses de retraite ne sont pas un jouet entre les mains de gouvernements désireux d’augmenter les investissements dans leurs économies nationales, préviennent des acteurs du secteur.
Les caisses de retraite du monde entier subissent des pressions croissantes pour investir davantage dans leurs propres économies nationales. Ces pressions suscitent des mises en garde de la part d’experts qui craignent que les futurs retraités soient perdants, rapporte le Financial Times.
Comme le Canada, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne tentent d’orienter l’épargne-retraite vers l’investissement national. Cette tendance est motivée par le souhait de financer des secteurs stratégiques comme la technologie, la défense et la transition énergétique, sans creuser les déficit publics.
Les secteurs de l’énergie et de la défense ont longtemps souffert d’un sous-investissement chronique au Royaume-Uni et en Europe, observe Mike Eakins, directeur des investissements de la société de retraite Phoenix Group, cité par le Financial Times. C’est aux caisses de retraite que les gouvernements pourraient demander de combler le retard.
Au Canada, il y a un an, le gouvernement fédéral a supprimé le plafond de 30 % sur la détention d’entités canadiennes par les caisses de retraite. Celles-ci ont toutefois clamer à plusieurs reprises leurs souhaits de privilégier la maximisation du rendement sans risque de pertes indu.
Mais cette tendance fait s’élever des critiques. Si les épargnants pensent que leurs intérêts à long terme ne sont plus la priorité absolue de leur régime de retraite, la confiance dans le système pourrait être sérieusement ébranlée, craint Steve Webb, associé au cabinet de conseil LCP et ancien ministre des Retraites du gouvernement britannique. Il est déjà assez difficile d’inciter les gens à bloquer de l’argent et à épargner sur le long terme, soutient-il.
De plus, les devoirs fiduciaire des responsables des caisses de retraite pourraient être mis à mal. En effet, si les caisses de retraite sont contraintes d’investir dans certains actifs, tels que souhaités par les gouvernements, cela pourrait entrer en conflit avec leurs devoirs de maximiser les rendements pour les épargnants, craint Tim Jenkins, associé chez Mercer.