La majorité des Européens estiment que les régimes publics de retraite parrainés par les États deviendront bientôt financièrement insoutenables, mais s’opposent néanmoins à des mesures visant à les réformer comme le relèvement de l’âge de la retraite.

Un sondage réalisé par la firme YouGov et relayée par The Guardian révèle qu’en Italie, en France, en Allemagne et en Espagne, entre 52 % et 61 % des citoyens estiment que leur régime public est déjà financièrement insoutenable. Les citoyens britanniques se montrent moins inquiets, seulement 32 % d’entre eux sont de cet avis.

Même s’ils sont conscients des défis de financement des pensions publiques, la majorité des Européens estiment que les rentes obtenues via ces régimes sont insuffisantes (entre 53 % et 83 %) selon les citoyens des six pays compris dans le sondage. Ces proportions sont encore plus élevées chez les retraités (entre 72 % et 88 %).

De plus, lorsqu’on leur a demandé quelles mesures ils soutiendraient pour rendre les régimes de retraite publics plus solides financièrement, les personnes interrogées dans tous les pays ont manifesté une réticence marquée à accepter certaines des réformes que de nombreux gouvernements cherchent à mettre en œuvre. L’opposition est particulièrement marquée concernant le relèvement de l’âge de la retraite, allant de 47 % en France à 65 % en Allemagne.

L’opposition à la réduction du montant des pensions versées aux retraités était encore plus importante, allant de 61 % en Italie à 81 % en Allemagne. En revanche, l’idée d’obliger légalement les personnes en âge de travailler à cotiser à une forme ou une autre de régime de retraite d’employeur a recueilli un certain soutien. Cette suggestion était la plus populaire au Royaume-Uni (57 %), où des lois récentes ont introduit un système automatique de cotisation à des régimes de retraite professionnels, mais elle a également reçu un soutien important en Allemagne (49 %) et en France (41 %).

Les incitatifs gouvernementaux pour maintenir les ainés en emploi plus longtemps suscitent pour leur part peu d’enthousiasme ; seulement 27 % des Italiens considèrent par exemple qu’il s’agit d’une bonne idée.

Certaines mesures obtiennent néanmoins un appui plus élevé. Les répondants européens estiment par exemple que les retraités dont les revenus de retraite sont supérieurs à la moyenne devraient assumer une plus grande part du financement des rentes publiques que les jeunes travailleurs. La moitié des Italiens (52 %) se sont même prononcés en faveur du refus d’une pension d’État aux retraités ayant des revenus élevés.

Le sondage permet globalement de constater que le fossé entre les citoyens plus jeunes et plus âgés est profond : de façon générale les retraités ont tendance à s’opposer à la baisse des prestations de retraite, tandis que les personnes en âge de travailler rejettent majoritairement le relèvement de l’âge de la retraite ou l’augmentation des impôts pour leur tranche d’âge.