Les maladies chroniques ne sont plus l’apanage des travailleurs à l’aube de la retraite : les travailleurs de la génération Z sont de plus en plus nombreux à en être atteints, selon un nouveau rapport de la Sun Life.

En effet, les demandes de règlement de frais de médicaments associés aux maladies chroniques augmentent de deux à trois fois plus rapidement chez la génération Z (née entre 1997 et 2012). Cette croissance est notamment alimentée par les troubles de santé mentale, alors que les demandes de règlement liées aux antidépresseurs ont augmenté deux fois plus vite chez la génération Z que chez l’ensemble des participants sur une période de trois ans.

En outre, plus de 50 % des demandes de règlement d’invalidité de longue durée (ILD) de la génération Z sont liées à des troubles mentaux, par rapport à 40 % chez l’ensemble des participants. La situation est encore plus préoccupante chez les femmes de la génération Z, où les problèmes de santé mentale représentent plus de 60 % des demandes ILD.

Si les femmes de la génération Z utilisent les soins de santé mentale deux fois plus que les hommes, ces derniers sont néanmoins plus nombreux que jamais à vouloir obtenir de l’aide. La croissance des demandes de règlement liées aux services de psychologue des hommes de la génération Z a dépassé celle des femmes. Elle a aussi été presque deux fois plus rapide que celle de l’ensemble des participants.

La santé physique aussi

Des facteurs comme l’augmentation du taux d’obésité, un mode de vie sédentaire et une mauvaise alimentation nuisent à la santé physique des jeunes canadiens. Bien que l’incidence des maladies chroniques chez la génération Z soit encore bien inférieure à celle des cohortes plus âgées, les données de la Sun Life soulignent que la prévalence des maladies chroniques chez les jeunes est en hausse.

Par exemple, les demandes de règlement de frais de médicaments contre le diabète ont augmenté de 2 à 4 fois plus rapidement chez les personnes de moins de 30 ans comparativement aux personnes de 30 à 60 ans. Au sein de la génération Z, la croissance est 40 % plus rapide chez les femmes que chez les hommes.

Plus généralement, la croissance des demandes de règlement de frais de médicaments pour traiter l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique, le diabète, l’hypertension et l’hypercholestérolémie est deux à trois fois plus élevée chez les participants de la génération Z que dans les autres tranches d’âge.

L’assureur avance que si cette tendance se poursuit, d’ici à ce que les gens de la génération Z atteignent l’âge mûr, l’incidence des maladies chroniques pourrait être considérablement plus élevée que celle observée aujourd’hui chez les 40 à 59 ans.

« Il est essentiel d’appuyer la génération Z pour bâtir des entreprises résilientes et un avenir solide pour les Canadiens, affirme Marie-Chantal Côté, vice-présidente principale, Sun Life Santé. Cette génération est composée de gens qui sont devenus ou deviennent des adultes dans un monde façonné par l’incertitude économique, l’écoanxiété et la surcharge numérique. Il est évident qu’ils ont besoin de plus qu’un simple chèque de paie. »

Quand le diabète nuit aux finances

Dans ce contexte, les employeurs auraient tout intérêt à offrir davantage de soutien en matière financière à leurs employés atteints de diabète, le fardeau de la maladie compliquant grandement la réalisation de leurs projets de vie.

Selon un sondage d’Element54 réalisé pour le compte de la Sun Life, le tiers des Canadiens atteints de diabète de type 2 affirment qu’il est difficile pour eux d’épargner pour leur avenir en raison de leur maladie. Par ailleurs, 28 % des répondants indiquent avoir dû reporter d’importants objectifs de vie en raison de leur état de santé.

Le sondage révèle notamment d’importantes lacunes en matière de connaissances des mesures et des programmes qui pourraient aider les gens atteints de maladies chroniques à réduire leur stress financier. Par exemple, seulement 10 % des répondants connaissent les aides fiscales pour les personnes ayant le diabète. De plus, les jeunes, les femmes et les gens des ménages à faible revenu sont moins susceptibles de se sentir à l’aise de discuter de leur santé avec un conseiller.

La stigmatisation et la peur du jugement demeurent des obstacles majeurs qui empêchent les personnes atteintes de diabète de discuter de leurs besoins en matière de santé lorsqu’elles consultent un spécialiste des finances.

« Ces conclusions sont un signal d’alarme. Elles soulignent la relation complexe entre la santé et les finances, particulièrement pour les personnes qui vivent avec des maladies chroniques comme le diabète, indique Rowena Chan, présidente, Distribution financière à la Sun Life. Elles mettent également en évidence le besoin crucial d’adopter une approche plus intégrée de la planification financière qui tient compte de la santé et du bien-être général de la personne. »

Du point de vue de la santé physique et mentale, une approche globale quant aux soins, incluant une modification du mode de vie, un suivi régulier et l’accès à des services de soutien, permet de réduire les risques de complications et prévenir l’apparition de maladies chroniques liées au diabète. Les trois quarts des participants à un programme de gestion du diabète de Sun Life ont notamment constaté une amélioration de leur taux d’HbA1C, et 40 % ont atteint un taux qui permet d’envisager une réduction de la médication.

Au Canada, plus de trois millions de personnes vivent avec le diabète de type 2.