L’utilisation quotidienne de l’intelligence artificielle (IA) pourrait être liée à un risque accru de dépression, selon une étude.
Si l’IA facilite le travail quotidien et peut générer des gains de productivité, elle pourrait aussi accroître le sentiment d’isolement des employés.
Les utilisateurs quotidiens d’IA présentent des risques de troubles mentaux nettement plus élevés que les non-utilisateurs, selon une étude américaine menée auprès de 21 000 participants aux États-Unis, et publiée dans la revue JAMA, relaie Medical News Today.
Les personnes utilisant l’IA au moins une fois par jour ont 30 % de chances supplémentaires de souffrir de dépression modérée à sévère, affirment des chercheurs dirigés par le Dr Roy H. Perlis, professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School. Leur étude porte sur des données collectées entre avril et mai 2025.
L’étude avance également une corrélation directe entre l’utilisation quotidienne de l’IA avec l’anxiété et l’irritabilité.
L’association avec les symptômes dépressifs est plus marquée chez les adultes de 25 à 64 ans, tandis que les plus de 65 ans et les moins de 25 ans semblent moins impactés.
L’utilisation personnelle semble davantage liée aux symptômes dépressifs, tandis que l’usage professionnelle ne semble pas avoir le même impact négatif.
Le Dr Perlis craint que l’IA devienne un substitut à l’interaction sociale. En confiant notre réflexion et nos interactions à des algorithmes, nous risquerions de nous enfermer dans une forme de solitude numérique, sans la satisfaction liée à l’effort intellectuel et au contact humain.
Si les chercheurs établissent un lien, ils ne parlent pas d’une relation de cause à effet. Est-ce l’IA qui rend dépressif, ou les personnes déjà isolées et déprimées qui se tournent davantage vers les agents IA pour combler un vide ? Les chercheurs appellent à lancer de nouvelles études pouvant clarifier le lien.