Alors que le mouvement de retour des employés au bureau s’accélère partout au pays, les employeurs offrent différents incitatifs pour encourager le travail en présentiel.

La plus récente édition du Sondage sur l’avenir du travail de Benefits Canada révèle que 90 % des employeurs offrent désormais au moins un avantage pour encourager la présence au bureau, comparativement à 72 % en 2024. Par exemple, 33 % des organisations ont adopté un code vestimentaire plus décontracté qu’avant la pandémie. Des proportions similaires d’employeurs misent également sur des chaises de bureau ergonomiques (32 %) et l’aménagement d’espaces partagés permettant de travailler dans un cadre moins formel, comme des salons ou des lounges (31 %).

En outre, de nombreux employeurs organisent des événements sociaux plus fréquents sur le lieu de travail pour inciter les employés à se déplacer (28 %). Le quart des répondants (24 %) proposent aussi des repas et des collations gratuits, tandis que 19 % misent sur le stationnement gratuit ou le remboursement de l’abonnement au transport collectif.

Des espaces récréatifs ou ludiques, des subventions pour les services de garde, des environnements de travail accessibles aux animaux de compagnie ainsi que l’offre de massages sont d’autres stratégies employées par certaines organisations pour favoriser le retour au bureau.

Des avantages et des difficultés

Dans l’ensemble, 70 % des employés sondés jugent que les arrangements de travail hybride favorisent un meilleur équilibre travail-vie personnelle (70 %), davantage d’autonomie (51 %) et moins de microgestion (36 %).

En revanche, de nombreux répondants constatent que le travail à distance effrite les liens sociaux (25 %), complique le transfert de connaissances (17 %) et freine la collaboration (16 %).

Par ailleurs, certains employés s’inquiètent que le travail hybride ait pour effet de réduire leur visibilité auprès de la direction (14 %), ce qui pourrait compromettre leurs possibilités de promotion par rapport à leurs collègues qui sont plus souvent au bureau (12 %). À la lumière de ces résultats, le rapport du sondage note que le leadership hybride n’est pas seulement une question de politique, c’est aussi un ensemble de compétences : sans un effort délibéré, les employés à distance peuvent se sentir marginalisés ou sous-estimés.

Conscients de cet enjeu, les organisations mettent davantage d’efforts à former leurs gestionnaires. En effet, 70 % disent offrir des formations pour les aider à gérer des employés dans un contexte d’environnement de travail hybride. L’an dernier, seulement 56 % des organisations offraient de telles possibilités de perfectionnement à leur personnel d’encadrement.

« Nous avons constaté que le mentorat et la socialisation sont importants et que ces avantages sont très difficiles à reproduire lorsque les gens travaillent à distance », souligne David Drewery, directeur adjoint au Work-Learn Institute de l’Université de Waterloo et membre du comité consultatif du sondage. « Ce sont les discussions informelles autour de la machine à café qui finissent par façonner les carrières, car ces petites conversations sont souvent source d’apprentissage, de conseils et d’opportunités. Ce qui est fascinant, c’est que la génération Z, que beaucoup pensent vouloir être entièrement numérique, pourrait en réalité ressembler davantage aux baby-boomers qu’à la génération Y. Elle se rend compte que pour bénéficier de ces avantages, du mentorat, du parrainage, du coaching quotidien, elle doit être présente au bureau au moins une partie du temps. »

Cliquez ici pour lire le rapport complet du Sondage sur l’avenir du travail de Benefits Canada 2025 (en anglais)