Alban D'Amours

« Le grand défi était de bien cerner les objectifs et de miser sur l’innovation à l’égard d’un problème qui est traditionnellement très complexe et qui fait peur aux gens », tranche Alban D’Amours au sujet du travail du comité dont il a été président.

L’innovation et le besoin de « sortir des sentiers battus » ressortent en effet très souvent dans son discours. C’est d’ailleurs un « contrat social » et un changement de culture que propose le comité. « Le domaine de la retraite n’est pas évident pour personne. Mais soyons assez lucides pour projeter notre regard dans l’avenir et établir nos besoins futurs. Décidons maintenant. »

Le mandat initial du comité était de se pencher sur les régimes à prestations déterminées (PD) et la préférence pour ces régimes est claire. « Il faut amener l’employeur à réaliser qu’il faut conserver les régimes PD et en assurer la pérennité, poursuit-il. Avant, il y avait de moins en moins d’options. On abandonnait son régime PD, on offrait un régime à cotisation déterminée aux nouveaux employés, tout en sachant qu’on réduisait la sécurité financière à la retraite. Nous disons qu’il faut faire différemment. »

Entre autres, faire différemment implique des changements à la loi, afin de pouvoir revoir les droits acquis. Les régimes ne pourront pas miser seulement sur l’embellie des marchés pour régler le déficit; des modifications – et des négociations – s’imposent. « On a eu une vision à court terme et il faut en sortir et changer de culture. Nos recommandations permettent un dialogue sérieux entre toutes les parties prenantes, poursuit M. D’Amours. L’employeur peut contribuer à la sécurité financière, mais il importe de bien le faire en ciblant l’essentiel – la rente. »

Outre les propositions relatives aux régimes PD, la recommandation phare du rapport est la rente longévité. « Si nous n’investissons pas dans un régime pour tous les travailleurs québécois, afin de mieux gérer le risque de longévité, et que nous ne nous basons pas sur le vrai coût, progressivement, nous allons perdre nos régimes », constate M. D’Amours. Le message est d’encourager l’épargne – il s’agit en quelque sorte d’une épargne retraite forcée.

Qui plus est, déclare M. D’Amours, il y a urgence à agir pour rectifier le tir parce que, sinon, le Québec risque de se réveiller dans 15 ans avec une sécurité financière amochée. À ce moment-là, on se tournera vers le gouvernement qui devrait sensiblement chercher l’argent nécessaire dans les poches des contribuables. « Aujourd’hui, c’est une épargne, un investissement, conclut-il. Demain, c’est une taxe. »