Le mois de novembre était, à nouveau, le mois de la littératie financière au pays et représentait donc une belle occasion de prendre le pouls des Canadiens quant à leurs connaissances en finances. Un sondage publié par BMO a révélé que les Québécois sont les moins susceptibles à s’attribuer une note élevée en matière de connaissances et de compréhension des finances personnelles. Or, même si la majorité des Canadiens se donnent une note de passage, les répondants au sondage se montrent peut-être trop optimistes quant à leurs aptitudes réelles, souligne BMO. Pour que les gens prennent leurs finances en main, il faut qu’ils les comprennent et cherchent les conseils et outils nécessaires. On sait que beaucoup de salariés n’ont pas de plan financier écrit, lequel comporterait un objectif de retraite et une stratégie pour l’atteindre.
Les promoteurs de régimes de capitalisation connaissent mieux que quiconque la difficulté d’inciter certains employés à s’intéresser à leur retraite – un horizon éloigné dans l’avenir – et à contribuer pleinement au régime. Même parmi les participants, nombreux sont ceux qui « laissent de l’argent sur la table », car leurs cotisations sont trop faibles pour recevoir la totalité de la contrepartie du promoteur. Soulignons aussi que beaucoup de participants comprennent mal les options de placements que le régime propose, et qu’une fois l’inscription complétée, peu d’intérêt subsiste pour réviser son portefeuille sur une base régulière et y apporter les éventuelles modifications nécessaires.
La question se pose : si les participants (potentiels) ont du mal à comprendre l’importance de leur régime, devrait-on tout faire pour eux ? Les automatismes semblent en effet devenir de plus en plus populaires dans les régimes de capitalisation. Et non sans raison. L’adhésion hâtive est certes un élément essentiel pour s’assurer de revenus adéquats à la retraite. De plus, l’employé se montrerait probablement plus susceptible de rester dans le régime s’il fallait qu’il prenne des actions pour s’en retirer. Les options de placements par défaut, comportant par exemple des fonds à cycle de vie, représentent aussi des stratégies intéressantes, car elles permettent de traverser plus facilement l’étape des choix. Être confronté à une vaste gamme de fonds qu’il ne comprend pas ferait peur à plus d’un participant potentiel. On pourrait aussi concevoir des hausses automatiques des cotisations en fonction des années de service ou de l’âge du participant.
Quant à l’objectif d’assurer les revenus à la retraite, les automatismes sont certes des instruments utiles. Qu’en est-il du fait de responsabiliser le participant en matière de planification financière ? Les régimes de capitalisation confèrent, en effet, une plus grande responsabilité à l’épargnant. S’il n’a aucune décision à prendre, l’employé risque peut-être de penser que sa retraite est réglée sans action de sa part. Or, un taux de cotisation insuffisant, par exemple, aura des conséquences importantes sur les revenus de remplacement à la retraite. D’ailleurs, une fois celle-ci arrivée, le décaissement nécessite une gestion des fonds. L’employé peu impliqué dans son régime détiendrait moins de connaissances pour la faire.
Plus on peut faciliter la compréhension et l’utilisation du régime de retraite, mieux en profiteront les employés. En même temps, si le régime ne requiert aucune action de leur part, les participants risquent d’être moins impliqués dans leur avenir financier, ce qui pourrait leur causer des ennuis plus tard. Les communications et formations en matière de littératie financière pour sensibiliser les participants quant à leur régime demeurent donc primordiales afin que ceux-ci jouent un rôle actif. Après tout, si on réduit, en quelque sorte, le pouvoir décisionnel du participant à un régime de capitalisation, on devrait s’assurer de ne pas l’exonérer de sa responsabilité à l’égard de sa sécurité financière à la retraite.
En terminant, je vous souhaite de très joyeuses Fêtes de fin d’année et une année 2014 des plus prospère.