Une question que je me suis fait poser avec une régularité surprenante au cours des derniers mois est la suivante : as-tu déjà connu un hiver au Québec ? On parle, bien sûr, de « vrais » hivers – comme dans le bon vieux temps ! Comme le dernier hiver a été assez clément, on va dire que la réponse est « non » et que je me prépare mentalement – m’étant déjà armé de l’équipement nécessaire – au temps froid qui arrivera au cours des prochaines semaines !
Même si je m’étais informé au sujet de nombreux aspects de la vie dans la Belle Province avant d’arriver à Montréal, il est certain que la réalité sur place peut être bien différente. Il en va de même pour la culture de travail. Le fait qu’un nombre croissant d’immigrants débarquent en territoire québécois a pour effet d’exposer de plus en plus d’employeurs à leur embauche. Même ceux, comme moi, qui viennent d’un pays avec une culture semblable à celle d’ici, doivent s’habituer à de nouvelles réalités, et ce, sur plusieurs plans.
On pourrait mentionner, par exemple, un modèle différent de curriculum vitae ou l’obligation de remplir deux déclarations d’impôts. Les choses qui semblent une évidence pour les gens d’ici ne le sont pas nécessairement pour les immigrants. Un travail d’éducation quant aux avantages sociaux offerts et aux déductions à la source s’impose. L’employeur y joue un rôle essentiel, ce qui permet non seulement d’aider l’intégration du nouvel employé mais aussi d’éviter des ennuis plus tard.
Prenons l’exemple de l’assurance santé qu’une compagnie décide de fournir à ses employés. Avant de venir au Québec, ce n’avait jamais été un critère en fonction duquel j’aurais jugé une offre d’emploi. Mais, même si l’assurance ne compte pas dans la prise de décision, une fois en poste, l’employé va se rendre compte qu’on lui enlève un certain montant pour l’assurance santé à chaque paie.
Bien expliquer la couverture offerte aux employés immigrants dès qu’ils intègrent une compagnie s’avère une stratégie utile pour éviter d’éventuelles mésententes. Dans un autre pays, par exemple, certaines professions pourraient donner accès à des examens de la vue gratuits – ici peut-être pas. Il importe également de rappeler qu’un nouvel arrivant n’a souvent droit à la couverture publique de la Régie de l’assurance-maladie du Québec qu’après une période d’attente, qui peut aller jusqu’à trois mois. Ce constat pourrait peut-être limiter son admissibilité à la couverture collective de la compagnie.
Il y a d’autres services auxquels l’immigrant peut s’attendre, lesquels ne sont pas offerts ici ou sinon offerts de façon différente. Dans certains pays, par exemple, les « coupons restaurants » sont très fréquents et représentent un élément très prisé de la rémunération des employés. D’autres personnes qui atteignent un certain niveau de direction vont peut-être estimer qu’ils « ont droit » à une voiture de la compagnie – une pratique qui est moins répandue en Amérique du Nord qu’ailleurs dans le monde. Un autre point de différence surgit quant au nombre de jours de vacances auxquels l’employé a droit.
Sur tous ces plans, et bien d’autres encore, la communication est essentielle afin d’établir une bonne relation avec ses employés et d’améliorer leurs connaissances du monde professionnel dans lequel ils se trouvent. Cela leur permet de juger si les avantages offerts par leur employeur répondent à leurs attentes compte tenu de leur pays d’origine.
Il s’agit, d’ailleurs, d’une stratégie intéressante à l’égard de tous les employés. Après tout, si l’on décide de mettre en place un régime d’assurance santé ou un régime de retraite, ou encore d’offrir certains avantages sociaux, c’est bien souvent sous une optique de recrutement ou de rétention des employés pour se démarquer de ses concurrents. Afin qu’ils apprécient la couverture qui leur est offerte, il faut bien que les employés en prennent conscience. La grande différence est peut-être que le travailleur québécois est plus enclin à s’informer que son collègue d’outre-mer.
En terminant, je vous souhaite de très joyeuses Fêtes de fin d’année. Profitez bien de l’hiver et au plaisir de vous revoir en 2013.
Simeon Goldstein
Rédacteur en chef
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