« Le niveau de levier, en ce moment, est un peu élevé », a admis hier Michael Sabia devant la Commission des finances publiques, à Québec.
Le nouveau pdg de la Caisse de dépôt et placement du Québec s’adressait ainsi à François Legault, critique de l’opposition officielle en matière de Finances, qui lui demandait pourquoi l’institution a eu autant recours à l’effet de levier. Au cours des dernières années, la Caisse a souvent retenu cette stratégie, qui consiste à emprunter pour acquérir des actifs dans le but de dégager un profit.
« Nous voulons réexaminer notre utilisation du levier afin de nous assurer que nous l’utilisons de façon prudente et que nous réduisions le risque », a-t-il ajouté. En 2008, la Caisse a perdu 10 milliards de dollars de plus que le marché. Rien que dans l’immobilier, ses pertes s’élèvent à 3,7 milliards.
Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles Michael Sabia et la haute direction de la Caisse ont eu à répondre, quatre heures durant, à l’Assemblée nationale. Nombre de ces questions portaient sur les piètres résultats de la Caisse, qui a enregistré une performance de – 25 %, éclipsant le triste record de –
9,6% établi en 2002.
Revoir la rémunération
Michael Sabia et son équipe comptent également de revoir la rémunération des dirigeants.
Cette intention a été dévoilée lorsque le député péquiste François Legault a demandé si la politique de primes (bonus) de l’institution avait pu amener les gestionnaires de la Caisse à prendre des risques et à réaliser de mauvais placements.
« Nous voulons introduire une évaluation qui tienne à la fois compte du rendement et, à côté, du risque », a déclaré le président du conseil, Robert Tessier. Celui-ci a toutefois rappelé que le régime de traitement de l’institution se doit d’être compétitif. « Le bassin de professionnels est restreint, a-t-il souligné. D’autant que la langue de travail est le français. »
Par contre, Robert Tessier s’oppose à l’idée, suggérée par François Legault, que le gouvernement du Québec approuve la rémunération et les primes des gestionnaires. « Le CA de la Caisse a un gros problème avec ça, a-t-il dit. C’est relié à l’indépendance de la Caisse. […] On voit ça d’un très mauvais œil que cette question soit d’un ressort autre que celui du CA de la Caisse. »
Une commission parlementaire se penchera bientôt sur les derniers résultats de la Caisse de dépôt et placement du Québec. De nombreux anciens dirigeants et administrateurs seront notamment interrogés lors des travaux, qui dureront plus de 30 heures.