« Dans un régime de capitalisation, c’est au participant que revient la lourde tâche de se générer des revenus de retraite stables et durables », lance Anne Meloche, vice-présidente régionale, affaires institutionnelles, Québec et Est du Canada à Placements mondiaux Sun Life en invitant tous les joueurs de l’industrie à travailler ensemble afin de définir les conditions gagnantes du décaissement.

Au cours des 17 prochaines années, 400 000 Canadiens atteindront l’âge de la retraite annuellement. Or, 25 % à 40 % des ménages appartenant au groupe d’âge des 55 à 64 ans ayant un revenu annuel supérieur à 60 000 $, soit les moins couverts par les régimes publics, sont sur la mauvaise voie en terme d’épargne révèle une étude de McKinsey & Company. De plus, selon un sondage mené par le Conference Board, 60 % des participants à des régimes de retraite craignent de manquer d’argent pour leurs vieux jours. « Si on n’a pas suffisamment épargné lors de la phase d’accumulation, on s’entend que la phase de décaissement va devoir être extrêmement efficiente », affirme Mme Meloche.

D’autant plus que pour chaque dollar de revenu de retraite généré par un régime de capitalisation, environ 50 cents proviennent des rendements réalisés après la retraite. « Cette statistique à elle seule devrait être suffisante pour nous convaincre de l’importance de la phase de décaissement », souligne Anne Meloche. Si les risques lors de la période d’accumulation sont bien connus et encadrés, il en est tout autrement en ce qui concerne la phase de décaissement, qui comporte de nombreux risques multidimensionnels difficiles à contrôler. « Les objectifs du décaissement sont conflictuels. On veut à la fois une protection pour s’assurer un revenu stable et durable, tout en conservant un certain potentiel de croissance. Les participants ne veulent pas non plus céder tout leur capital. Ils veulent y avoir accès en cas d’urgence ou pour en léguer en héritage. »

Épuiser l’épargne trop rapidement, l’inflation, les dépenses reliées aux problèmes de santé, le manque de planification et les pertes résultant de mauvais conseils financiers figurent parmi les risques devant être considérés lors de l’élaboration d’une solution de décaissement. De plus, le risque de longévité est particulièrement préoccupant. Selon l’Institut canadien des actuaires, l’espérance de vie des gens aujourd’hui âgés de 65 ans est de 87 ans pour les hommes et 89 ans pour les femmes. « Une femme sur cinq va vivre au moins jusqu’à 95 ans », insiste Anne Meloche, qui déplore le fait que certains produits ne sont plus adaptés à cette réalité, en particulier le FERR qui prévoit des retraits minimums trop élevés. La solution de décaissement idéale combinerait des produits qui allient à la fois des revenus garantis et un potentiel de croissance. Mais il n’y a pas de solution unique. Pour contrer le risque que les participants survivent à leur épargne-retraite, l’implication des promoteurs dans la phase de décaissement serait déterminante. « Les participants ont des décisions critiques à prendre et ils ont besoin du soutien d’une personne de confiance : l’employeur. Actuellement, la majorité des participants sont laissés à eux-mêmes, note Mme Meloche. On aurait tous à gagner à développer un cadre pour leur assurer une transition harmonieuse vers la retraite. »

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