Un panel de discussion animé par Janick Chouinard, directeur national, relations clients et mise en place, Épargne-retraite collective chez Desjardins Assurances, a permis d’étudier le vent de changement causé par la transformation progressive des régimes à prestations déterminées en régimes CD et l’impact majeur de cette évolution sur l’offre de services. L’administration et le design des régimes, les stratégies d’investissement ainsi que les outils de communication et d’éducation sont tous des aspects qui ont grandement évolué au cours des dernières années. « Avant, les services étaient essentiellement axés sur la gestion des placements. L’objectif de retraite était présent, mais pas au cœur des services comme aujourd’hui, affirme Julie Dubois, conseillère principale chez Mercer. Il y a maintenant une nécessité de faire des suivis et d’accompagner les participants avec la communication. »
Daniel Beaulieu, conseiller en sécurité financière, conseiller en assurance et rentes collectives et représentant en épargne collective à REGAR Régimes collectifs partage le même avis et ajoute que les promoteurs, particulièrement les PME, ont réalisé qu’ils devaient se préoccuper de leur régime. « Ils avaient un régime, mais ne s’en occupaient pas beaucoup. C’était comme un mal nécessaire, soutient-il. Avec l’arrivée des lignes directrices sur les régimes d’accumulation de capital, il y a eu une prise de conscience que les employeurs devaient s’occuper de leur programme de retraite. » Soulignons aussi que l’univers des placements s’est radicalement métamorphosé au cours des dernières décennies. L’explosion du nombre de fonds a multiplié les possibilités de personnalisation des régimes, mais aussi amené de nouveaux défis. « L’arrivée des fonds cycle de vie, qui tiennent compte à la fois du profil et de l’âge de l’investisseur, a été marquante. Cela a aussi permis de simplifier le choix pour les participants, surtout ceux qui ne veulent pas trop s’impliquer dans leur régime », note M. Beaulieu.
Janick Chouinard remarque d’ailleurs que si l’offre de produits est de plus en plus complexe, les participants sont plus que jamais à la recherche de simplicité. Ce paradoxe démontre toute l’importance de la communication dans l’évolution des régimes CD. À ce sujet, Julie Dubois affirme être sceptique face à « l’approche cafétéria ». « Le site web ne fait pas tout, tranche-t-elle. Très peu de participants l’utilisent pleinement. En voyant toute l’information et les décisions à prendre, ils se découragent, ne voient pas de solution et ne prennent pas action. »
Ainsi, les stratégies de communication ciblées s’avèrent plus prometteuses. « Il faut se demander, par exemple, comment informer un employé de 35 ans sur les fonds cycle de vie les mieux adaptés à sa réalité pour éventuellement l’amener à revoir ses choix de placements. » Daniel Beaulieu souligne toutefois l’amélioration des outils mis à la disposition des participants, notamment les calculateurs de retraite simplifiés et les relevés plus détaillés. Il concède toutefois que le plus grand défi demeure de susciter l’intérêt des participants à l’égard de leur régime de retraite et de leur sécurité financière. « Les gens prennent en moyenne 14 secondes pour regarder leur relevé de placements », s’exclame-t-il.
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