La baisse soutenue des prix est «improbable pour l’économie canadienne», a déclaré Mark Carney, dans un discours prononcé hier devant la Chambre de commerce de Halifax.
Même si la crise financière mondiale a soulevé les craintes d’une déflation (diminution importante et durable des prix) dans certains pays, le Canada devrait y échapper pour plusieurs raisons, a indiqué le gouverneur de la Banque du Canada. D’une part, le marché du travail et celui des biens et des capitaux sont flexibles, tandis que le système bancaire «est l’un des plus solides au monde», a précisé Mark Carney.
D’autre part, les ménages, les entreprises et le secteur public disposent d’une marge de manœuvre considérable sur le plan financier. «En outre, grâce à notre taux de change flottant, nous pouvons mener une politique monétaire indépendante qui nous permet d’être maîtres de notre destin monétaire», a-t-il ajouté.
Vantant les mérites de la politique monétaire canadienne, le grand patron de la banque centrale a indiqué que «l’inflation a été abaissée et maintenue à un niveau bas et stable depuis le début des années 1990». Or, dit-il, le «cadre de conduite» de la politique monétaire canadienne devrait également agir comme un rempart «tout aussi pertinent en période de tensions désinflationnistes».
Même avec un taux directeur à 1%, au plus bas depuis des décennies, la Banque du Canada interviendra encore si nécessaire. Depuis décembre 2007, a fait remarquer Mark Carney, le taux directeur a reculé de 3,5 points de base. De cette façon, la Banque du Canada essaie de compenser les primes de risque que les banques commerciales facturent à leurs clients en cette période de difficulté financière mondiale.
Tôt ou tard, cette crise prendra fin et l’économie du globe se redressera, «mais un degré élevé d’incertitude entoure la vitesse à laquelle cela se produira», a affirmé le gouverneur.
Il a conclu son allocution en réitérant les prévisions qu’il a faites la semaine dernière dans la mise à jour du Rapport sur la politique monétaire: contraction du PIB réel de 1,2% en 2009 et rebond de 3,8% en 2010.