Bien connu du grand public québécois pour ses rôles à la télévision et au cinéma, notamment dans L’Île de sable, Nouvelle France et, cette saison, Tu m’aimes-tu, Sébastien Huberdeau affirme avoir été surpris de l’appel de Question Retraite lui proposant d’agir à titre de porte-parole pour le mois de la planification financière de la retraite au mois d’octobre.
« Je ne me considérais pas comme la clientèle ciblée ou, du moins comme le noble représentant de cette cause-là. Ce n’était pas l’image que j’avais de moi-même », ajoute-t-il.
C’est néanmoins ce comédien de 33 ans que l’organisme à but non lucratif a choisi cette année pour être à l’affiche de sa campagne de sensibilisation visant les Québécois de 25 à 44 ans, afin que ceux-ci commencent à planifier leur retraite. Et ce, le plus tôt possible. M. Huberdeau reconnaît que, comme bien des personnes, ce n’est pas la retraite qui occupait ses pensées lorsqu’il était plus jeune. « Pendant ma vingtaine, je n’ai pas vraiment économisé. Dans le milieu des artistes, il y a le REER collectif de l’Union des artistes, mais, sinon, l’idée de la planification financière ou même l’idée de l’épargne n’était pas au rendez-vous. »
Ce n’est qu’en regardant les calculs sur la retraite, sur les revenus qu’il aurait besoin de prévoir lors de ses discussions avec Question Retraite, qu’il s’est rendu compte de l’ampleur de la tâche pour préserver sa qualité de vie à la retraite.
« Au Canada, on se sent plutôt bien à plusieurs égards – ici, ce n’est pas la crise toxique qu’on voit dans d’autres pays, constate M. Huberdeau. Mais, dans notre contexte socio-économique, sans vouloir être complètement pessimiste, il n’y a plus de démographie pour les régimes de retraite. Plus de gens vont quitter le monde du travail et cela va nous coûter cher, c’est certain. »
La préparation pour la retraite s’impose alors. Cependant, même si on prend conscience de l’importance de commencer à cotiser (que ce soit à un régime collectif, à un régime de retraite d’entreprise ou à un simple compte d’épargne), pour bien des Québécois, les habitudes de consommation empêchent de poser des gestes. Un récent sondage de Question Retraite montre que ce sont les soldes impayés de cartes de crédit qui représentent le plus grand obstacle à l’épargne. Notre rapport avec les objets a changé et on veut tout avoir, même si on n’a pas l’argent pour se permettre de l’acheter. L’accès au crédit serait-il trop facile ?
« Sans vouloir faire la morale car c’est normal que, quand on commence à gagner sa vie, on va dépenser. L’idée de l’épargne est devenue obsolète. Dans une société qui vit tellement à crédit, l’argent perd même sa propre valeur. Mais, ce n’est plus comme c’était et, sans être nostalgique d’une autre époque, la retraite risque de ne pas être assurée par notre employeur ou par l’État de la même manière dans 40 ans », ajoute M. Huberdeau.
Poser des gestes pour la retraite
Bien que la campagne soit axée sur la retraite, il en va de même pour ce qui est d’épargner pour voyager ou d’autres achats importants. « C’est fort simple. Il importe de réfléchir sur soi-même et de constater que d’épargner, ce n’est pas se priver. Il s’agit de reporter les dépenses », poursuit M. Huberdeau.
Comme bien des jeunes, le comédien reconnaît que c’est sa mère qui l’a initié à l’épargne – « même si je n’ai pas tout de suite suivi » – en l’aidant à ouvrir un compte. « Ça m’a pris du temps avant de comprendre – c’est mon chemin, mon parcours, mais c’est certain qu’on apprend un paquet de choses de nos parents. » C’est un apprentissage qui revêt une plus grande importance dans sa carrière, comme c’est le cas pour d’autres travailleurs pigistes. « On peut avoir des années fortes et des années moins fortes, dit-il. Donc de planifier, de mettre de côté, pour les pigistes en général, c’est plus pertinent. Apprendre à épargner, ça peut être bénéfique pour les jours moins heureux. »
Il reste à voir quel effet la présence d’un personnage public dans la campagne de Question Retraite aura eu sur la prise de conscience des Québécois à l’égard de la planification financière pour la retraite. Sébastien Huberdeau demeure néanmoins convaincu de l’importance de commencer tôt. Il conclut : « À mon âge, je ne sais pas quel genre de retraite je vais avoir, mais en regardant comment on vit, en réfléchissant sur ce qu’on gagne et ce qu’on dépense, on commence à penser à ce que représentel’épargne pour nous et à poser des gestes. »