Les stéréotypes associés aux femmes enceintes ont la vie dure dans les milieux de travail, et les congés parentaux pourraient avoir leur part de responsabilité, affirme une chercheuse de l’Université de l’Alberta.
Il est en effet plus difficile pour les jeunes mères de famille d’obtenir des postes plus hauts hiérarchiquement, particulièrement avant et après une grossesse. Selon la chercheuse et étudiante à la maîtrise en droit Shivani Kapur, l’hypothèse que les femmes sont les premières impliquées dans les soins des enfants serait en cause.
« Par exemple, on ne voudra pas donner des affectations ambitieuses à une femme dans les premiers mois de sa grossesse. On lui dira « C’est mieux pour toi de prendre soin de ton bébé. Je ne veux pas te surcharger avec plus de travail. » On va lui dire que « de toute façon tu pars bientôt pour un an » », a-t-elle souligné en entrevue à Radio-Canada.
La faute des congés parentaux?
Pour en venir à ses conclusion, Mme Kapur a étudié les politiques parentales des différentes provinces canadiennes et leurs effets sur l’implication des femmes sur le marché du travail. Elle estime que le congé de maternité contribue beaucoup aux inégalités en alimentant les rôles genrés.
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La chercheuse s’est particulièrement intéressée à la législation québécoise, la seule qui prévoit un congé de cinq semaines réservé aux pères. « Plusieurs hommes prennent leur congé parental au Québec. Alors, ils finiront par contribuer en parts égales aux tâches ménagères. Tant que les hommes ne participeront pas en parts égales aux tâches ménagères, les femmes ne pourront pas contribuer en parts égales au marché du travail », avance-t-elle.
La solution, croit Mme Kapur, est d’accorder des congés parentaux non transférables de même durée pour les deux conjoints et d’assurer le paiement d’un plus haut pourcentage du salaire.
Des politiques à réviser?
Ottawa a tenu des consultations en octobre dernier pour évaluer les besoins des familles. Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, aurait l’intention de revoir les congés parentaux de façon à les rendre plus inclusifs. Pour ce faire, le gouvernement fédéral aura toutefois besoin de l’accord des provinces, et particulièrement du Québec, qui dispose déjà de son propre régime.
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