Pour mieux soutenir les employés trans dans la fonction publique, le gouvernement fédéral a produit un document qui contient une foule de détails pratiques, de façon à ce que « chaque personne soit traitée avec respect et dignité ».
Le guide d’une vingtaine de pages a été rédigé par 16 fonctionnaires qui se décrivent comme des « cochampions de la diversité », rapporte La Presse.
Celui-ci stipule notamment que « les employés, qu’ils se soient identifiés comme transgenres ou personnes au genre variant, devraient être en mesure de s’habiller de manière compatible avec leur identité de genre ». Si le travail exige le port d’un uniforme sexospécifique (c’est-à-dire qu’il y a un uniforme masculin et un uniforme féminin), l’employé doit par exemple pouvoir choisir lequel des deux porter.
Des toilettes pour tous les genres
En ce qui concerne les toilettes et les vestiaires, le guide indique que « les employés devraient être en mesure d’utiliser les installations où ils se sentent à l’aise et qui correspondent à leur identité de genre ».
Pour éviter que certains employés transgenres soient victime de harcèlement lorsqu’ils utilisent des toilettes sexospécifiques, le gouvernement fédéral encourage, dans la mesure du possible, l’installation de toilettes pour tous les genres.
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Le document émet aussi quelques recommandations aux employés trans, par exemple de soumettre un plan de transition qui comprend la date prévue pour le changement de nom, les dates prévues des rendez-vous médicaux, des traitements et des interventions chirurgicales. Ces informations permettent à l’employeur d’apporter les changement requis à la paye, à la carte d’identité et aux demandes de congé.
Plusieurs erreurs
Le document produit par le gouvernement fédéral part d’une bonne intention, mais il contient plusieurs erreurs, a expliqué à La Presse Julien Leroux, président de l’organisme Aide aux Trans du Québec. Par exemple, le guide évoque un peu partout la notion de transgenre, alors qu’il fait en réalité référence à la transidentité.
Selon lui, les fonctionnaires auraient aussi dû mentionner le taux de suicide particulièrement élevé chez les personnes trans, de façon à expliquer en quoi tous ces efforts d’intégration sont essentiels. Il ajoute que le document aurait eu avantage à insister sur les compétences des travailleurs trans plutôt qu’uniquement sur leurs « qualités uniques ».
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