La British Columbia Investment Management Corporation (BCI) a enregistré des rendements plus élevés sur le marché des placements privés depuis qu’elle a adopté une approche axée sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), révèle un rapport publié par l’organisation.
Le coauteur du rapport, Evan Greenfield, responsable ESG de la division des placements privés de BCI, souhaite que les autres investisseurs institutionnels comprennent qu’en mettant l’ESG au premier plan, leurs rendements n’en souffriront pas et pourront même augmenter.
« Lorsque j’ai joint l’organisation, j’avais cette vision selon laquelle on pouvait tirer parti de l’ESG pour créer une valeur significative et la quantifier. Au cours des dernières années, nous avons pu le faire à maintes reprises sur notre portefeuille direct, indépendamment de l’entreprise, du secteur d’activité ou de la zone géographique. »
Le rapport, produit en partenariat avec l’Université de Stanford, a révélé que les initiatives ESG peuvent contribuer de manière significative à l’amélioration du bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement, ainsi qu’à la réduction du risque opérationnel.
Des études de cas réels mettent en lumière une approche pratique visant à améliorer les performances financières des placements privés en tenant compte des considérations ESG. Les entreprises étudiées étaient actives dans les domaines de la logistique et du transport, de la fabrication et du courtage d’assurances spécialisées.
Les défenseurs de l’ESG ont été confrontés à une résistance croissante au cours des derniers mois, certaines juridictions américaines ayant contesté cette approche devant les tribunaux au nom des investisseurs. Dans le même temps, à l’échelle mondiale, certaines alliances d’investisseurs fondées sur le principe de la lutte contre le changement climatique par le biais de décisions d’investissement ont été dissoutes.
« Nous utilisons l’ESG, non pas comme un objectif politique, philosophique ou idéologique… nous l’utilisons pour améliorer les rendements ajustés au risque pour nos clients. »
M. Greenfield affirme que le principal défi pour l’adoption de l’ESG est le manque de normalisation pour les investisseurs institutionnels, soulignant qu’une enquête — qui a demandé à 20 responsables ESG de différents gestionnaires d’actifs non traditionnels quelle était leur définition de l’ESG — a donné lieu à une série de réponses différentes.
« Si les soi-disant experts ESG ne parviennent pas à s’entendre sur ce qu’est l’ESG, comment pouvons-nous espérer que les professionnels de l’investissement, les sociétés de capital-investissement et d’autres catégories d’actifs l’intègrent dans leur processus d’investissement ? ajoute-t-il. Comment pouvons-nous espérer, plus important encore, que les membres des équipes de direction des sociétés en portefeuille l’intègrent comme un élément central de leur stratégie ? »
À l’avenir, il espère que cette étude contribuera à catalyser un mouvement au sein des marchés privés afin de tirer parti de l’ESG et des vents macroéconomiques favorables qui sous-tendent la durabilité pour améliorer les rendements ajustés au risque.
En tant que propriétaire d’actifs, M. Greenfield affirme que BCI ne souhaite pas imposer de charge administrative ou financière à ses sociétés en portefeuille dans le cadre de sa mission ESG. « Ces sociétés disposent d’un capital humain et financier limité. »
Il se souvient que la direction d’une société de son portefeuille avait déclaré que l’ESG n’était d’aucune utilité pour l’entreprise. « Nous avons procédé à une transition radicale et transféré cette base de connaissances et ce point de vue, et l’approche ESG est devenu un centre de profit important pour cette société. Elle s’est intégrée au cœur de la stratégie et les a aidés à différencier leurs produits, à diversifier leur chaîne d’approvisionnement et à obtenir des avantages concurrentiels. »
Ce texte a initialement été publié par Benefits Canada