L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a profité d’une réunion à quelques jours de la publication du rapport du Comité D’Amours pour souligner la « situation financière insoutenable » des régimes de retraite des employés municipaux de la Belle Province.

Elle constate que, pour l’ensemble des villes qui ont un régime de retraite à prestations déterminées, le déficit atteint près de 5 milliards de dollars, ce qui représente près de 100 000 $ par employé.

« Il faut que le gouvernement du Québec agisse très rapidement après le dépôt du rapport. Le travail d’analyse, d’information et de sensibilisation est fait. Il faut passer à l’action », a déclaré le président de l’UMQ et maire de Rimouski, Éric Forest.

Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a affirmé qu’une hausse des taxes des citoyens « n’est pas une solution envisageable » pour combler les déficits des régimes de retraite des employés de la métropole.

« C’est une question d’équité envers les Montréalais qui, pour la grande majorité, ne disposent pas de régime de retraite », a-t-il dit.

Attentes de l’UMQ

Au cours des derniers mois, l’UMQ a rencontré les membres du comité D’Amours pour présenter la situation des municipalités et proposer des pistes de solutions concrètes. Le rapport du comité D’Amours sera rendu public mercredi prochain, le 17 avril.

De façon plus spécifique, l’UMQ s’attend à ce que le rapport du comité D’Amours :

reconnaisse l’ampleur du problème des régimes de retraite municipaux et les caractéristiques des municipalités;
propose des mesures concrètes et à court terme permettant d’atteindre un partage plus équitable des coûts et des risques liés au financement des régimes de retraite des municipalités;
impose des balises et des limites précises quant aux niveaux de prestations offertes et aux coûts des régimes de retraite des municipalités;
prenne en compte la capacité de payer des citoyens et l’équité intergénérationnelle.

L’UMQ demande, par ailleurs, la mise en place d’un processus de négociation « obligeant les participants à revoir les conditions des régimes de retraite afin de convenir d’un effort équitable de toutes les parties prenantes » – employés, employeurs, retraités, contribuables – et d’adopter des mesures permettant une plus grande stabilité des coûts.

Pas de solution unique

Les outils pour résoudre le problème passent par une législation adéquate de la part du gouvernement.

« L’UMQ ne demande pas une solution unique. Il y a près de 200 régimes différents dans les municipalités québécoises et ils possèdent tous des particularités. Nous souhaitons être en mesure de discuter avec les groupes d’employés pour trouver des solutions à long terme », a ajouté le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny.

Pour l’UMQ, il est faux de prétendre que les municipalités sont des employeurs comme les autres car « elles n’ont aucun rapport de force lorsqu’elles négocient ».

Elle a conclut : « La très grande majorité des entreprises du secteur privé qui avaient des régimes de retraite à prestations déterminées les ont modifiés ou elles ont tout simplement fermé leurs portes. Une municipalité, ça ne ferme pas ! »