Composante la plus coûteuse des régimes d’avantages sociaux, l’assurance médicaments est une source de préoccupations croissante pour les promoteurs de régime, qui doivent trouver l’équilibre entre soutien à la santé des employés et viabilité financière à long terme.
Mené durant l’été 2025 auprès de promoteurs de régime et de consultants en avantages sociaux, le sondage Benefits Canada sur l’assurance médicaments a fourni de précieuses données concernant notamment la gestion des maladies chroniques.
La quasi-totalité des promoteurs (92 %) ont indiqué que leur régime d’assurance médicaments est extrêmement ou très important dans le contexte économique actuel. Outre la sécurité financière qu’ils procurent aux employés en cas de problème de santé, les promoteurs soutiennent que ces régimes contribuent à attirer et à maintenir en poste les employés.
« Cela fait maintenant partie des attentes des employés », a constaté Marie-Hélène Dugal, responsable nationale, gestion stratégique des médicaments à Croix Bleue Medavie, invitée à commenter les résultats du sondage lors de la conférence Maladies chroniques au travail d’Avantages, en février dernier. « Le coût de ne pas traiter une maladie se reflète dans la productivité. Les employeurs reconnaissent la valeur de l’assurance médicaments. »

Par ailleurs, le sondage indique que seulement 14 % des consultants considèrent que leurs clients comprennent bien leur régime, ce qui révèle un besoin de soutien et de formation. Quant aux critères utilisés pour évaluer le succès d’un régime, le coût arrive en tête (81 % des répondants), suivi du taux d’utilisation (77 %).
Le sondage révèle aussi que le contrôle des coûts est le facteur le plus important considéré par les employeurs du Québec, alors que le soutien à la santé des participants arrive en tête dans le reste du Canada quand vient le temps de prendre des décisions concernant le régime d’assurance médicaments. Cela s’explique par des obligations qui diffèrent au Québec avec le minimum exigé équivalent à la couverture offerte par la RAMQ, juge Marie-Hélène Dugal. « Il existe quand même plusieurs options, malgré ces limites, et il est important de prendre des décisions en lien avec nos valeurs, de mettre en place des mesures pour optimiser les coûts et de maximiser la valeur du régime pour arriver à un équilibre entre la santé et les coûts », dit-elle.
Au chapitre des mesures de gestion des coûts privilégiées, la substitution obligatoire par les médicaments génériques arrive en tête, suivie de l’exigence d’autorisation préalable. Toutefois, cette dernière mesure est citée par 64 % des promoteurs, ce qui étonne Marie-Hélène Dugal. « Dans notre expérience, ce sont près de 99 % des promoteurs qui l’utilisent », dit-elle. Cet écart serait-il le reflet d’une compréhension différente de certaines terminologies ?
Finalement, les promoteurs et les consultants n’attribuent pas la hausse du coût des régimes d’assurance médicaments aux mêmes raisons. Les promoteurs l’attribuent principalement à l’augmentation du coût des médicaments (88 %) alors que les consultants l’attribuent d’abord à l’augmentation des demandes de règlement pour des médicaments biologiques et d’autres médicaments spécialisés à coûts élevés (90 %).
Qui dit vrai ? « Les consultants !, répond Marie-Hélène Dugal. C’est ce qu’on observe depuis deux ans. Ils identifient également l’augmentation des frais de mutualisation et c’est intimement lié à l’utilisation de médicaments plus coûteux. Par contre, les facteurs sont variables d’une année à l’autre, ajoute-t-elle. Cela dépend des nouveaux médicaments lancés sur le marché ou d’une nouvelle indication pour un médicament existant. »