Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour offrir du soutien adéquat aux proches aidants dans les milieux de travail, selon un sondage de l’Ordre des CRHA.

Les professionnels des ressources humaines sondés estiment dans une proportion de 70 % que leur organisation est peu, voire pas du tout outillée pour soutenir les employés proches aidants.

Seulement 18 % des organisations affirment avoir spécifiquement intégré la proche aidance dans une politique RH ou une politique de conciliation travail vie-personnelle.

Pourtant, dans un contexte de vieillissement de la population, de plus en plus d’employés sont appelés à prendre soin de leurs proches. Le nombre de demandes d’aménagement de la part d’employés proches aidants est en augmentation dans 38 % des organisations. De plus, 81 % des répondants estiment que leur organisation connaîtra à l’avenir une augmentation des besoins de conciliation travail-vie personnelle en lien avec la proche aidance.

Même si elles n’ont pas toutes mis en place une politique formelle en la matière, les deux tiers des organisations disent néanmoins offrir certaines mesures de soutien. Parmi celles-ci, 90 % indiquent par exemple proposer des aménagements du temps de travail, comme une réduction des heures ou des horaires flexibles. Les aménagements liés au lieu de travail, notamment le télétravail, sont également répandus (77 %).

Une proportion plus restreinte d’employeurs offre des services de soutien psychologique et d’aide à la logistique familiale (46 %), une bonification des programmes de congés non rémunérés (20 %), un allègement de la charge de travail (19 %) ou encore une bonification des programmes de congés rémunérés (14 %).

La majorité des organisations qui offrent de telles mesures (82 %) rapportent que des employés proches aidants s’en sont prévalus.

Des efforts sont en revanche encore nécessaires en matière d’information et de sensibilisation. Seulement le quart des organisations disent avoir sensibilisé leurs gestionnaires aux enjeux de proche aidance, et seulement 8 % indiquent les avoir formés.

« D’une part, le gestionnaire doit adapter ses pratiques pour reconnaître, soutenir et prévenir l’épuisement de ses employés proches aidants. D’autre part, il doit être prêt à réorganiser le travail pour préserver les capacités de l’organisation tout en minimisant les conséquences des aménagements sur le reste de l’équipe », affirme la directrice générale de l’Ordre des CRHA, Manon Poirier.

La majorité des organisations qui offrent des mesures de conciliation (67 %) communique l’existence de ces mesures de soutien seulement au besoin ou à la demande. Peu d’employeurs communiquent ces mesures au moment de l’embauche ou sur une base régulière.

Par ailleurs, 44 % des répondants estiment que les employés de leur organisation ignorent la possibilité de se prévaloir des absences de courtes durées prévues à la Loi sur les normes du travail pour des obligations familiales ou pour soutenir un proche en tant que proche aidant. La loi prévoit un maximum de dix jours de congé, dont deux rémunérés.

Le plan d’action gouvernemental pour les personnes proches aidantes 2021-2026 prévoit également des actions pour soutenir la conciliation proche aidance-travail. Or, 48 % des organisations indiquent ne pas bien connaître ce plan, tandis qu’à peine 30 % estiment que les mesures qui y sont contenues ont répondu au moins partiellement aux besoins de leur organisation.