Très différent du diabète de type 2, le diabète de type 1 implique des prises de décision en continu et a une incidence autant sur la santé mentale que sur la santé physique des personnes atteintes. « Il faut garder l’équilibre entre ne pas avoir une hyperglycémie et ne pas avoir une hypoglycémie », a expliqué Maha Saade, nutritionniste et éducatrice certifiée en diabète à l’Hôpital général juif de Montréal lors de la conférence Maladies chroniques au travail d’Avantages.
Il faut savoir qu’il n’y a pas que la nourriture qui a une incidence sur la glycémie, mais aussi la dose d’insuline, la technique d’injection, la partie du corps où on s’injecte, le type d’insuline, le niveau de stress au moment de l’injection, etc. « Ces patients vivent avec plus de 300 décisions par jour uniquement liées à la quantité d’insuline et la quantité de glucides qu’ils doivent prendre, l’endroit et le moment de l’injection ou l’activité physique qu’ils peuvent faire », souligne la spécialiste.

Le poids psychologique de la maladie est méconnu, mais néanmoins considérable. « On voit de la détresse reliée au diabète, à l’acceptation de la maladie. Cela peut entrainer de l’isolement social, de la stigmatisation, des troubles alimentaires ou un impact financier. La détresse liée au diabète est tellement présente qu’elle peut être un obstacle au contrôle de la glycémie. C’est un deuil. Il y a la vie avant et la vie après », souligne Maha Saade, en insistant sur l’importance du soutien psychologique pour les gens atteints de diabète de type 1.
En milieu de travail, l’hypoglycémie affecte la concentration, la mémoire, l’humeur, des maux de tête, de la fatigue. Cela affecte la productivité et la prise de décision. « Le diabète entraîne 48 jours d’absentéisme par personne par an, selon une enquête de Manuvie publiée en 2022 », indique Maha Saade.
En milieu de travail, plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour alléger le fardeau quotidien du diabète de type 1 et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes. « Donner accès à des pauses, s’assurer que les personnes prennent leur repas, qu’ils ont un endroit sécuritaire pour s’injecter leur insuline et offrir une couverture pour les nouvelles technologies de gestion du diabète sont parmi les mesures à mettre en place », indique Mme Saade.
Par ailleurs, il existe des tests de dépistage pour savoir qui est à risque de diabète de type 1. « On est capable de retarder l’apparition de cette maladie avec de l’immunothérapie, ajoute la spécialiste. Si on peut retarder l’apparition du diabète de type 1, on retardera aussi le fardeau mental et financier de la gestion de la maladie. »