La dépression post-partum, ou péri-partum, est un problème méconnu, souvent sous-diagnostiqué et mal traité. « Pourtant, 40 % des femmes vont avoir des symptômes dépressifs de type blues post-partum, 15 % vont avoir une dépression post-partum et 8 % vont avoir une dépression post-partum sévère », a souligné le Dr Charles Sun, médecin de famille au Centre médical Saint-Basile lors de la dernière édition de la conférence Maladies chroniques au travail d’Avantages.

Ce dernier a ajouté que 25 % à 50 % des conjoints remplissent les critères d’une dépression majeure quand leur conjointe a une dépression post-partum.

Pour expliquer la dépression post-partum, il existe une hypothèse liée aux neurotransmetteurs et une hypothèse hormonale. « On sait que plusieurs événements hormonaux chez la femme affectent l’humeur, le mental, le psychologique, explique le Dr Charles Sun. C’est le cas de la ménopause, de la contraception. Et dernièrement, des études ont démontré un impact réel des hormones sur le cerveau. »

Dr Charles Sun, Centre médical Saint-Basile

Ce problème de santé est sous-diagnostiqué en raison d’une banalisation, d’une stigmatisation et de problèmes logistiques comme l’accès aux soins. « Les femmes ont peur de consulter parce qu’elles craignent que cela ait un impact sur la garde de l’enfant qu’elles ont déjà, par exemple, illustre le Dr Sun. Seulement 7 % des dépressions post-partum bénéficient d’un traitement adéquat. »

Plusieurs lignes directrices guident le traitement, qui diffère selon la gravité du problème. « Au départ, on y va habituellement avec la psychothérapie et, si on fait face à une dépression sévère, on va peut-être commencer une pharmacothérapie, explique le Dr Sun. Si la première ligne échoue, on va vers un traitement de deuxième ligne qui comprend d’autres traitements de pharmacothérapie. »

Parmi les traitements non pharmacologiques recommandés, on peut citer la co-parentalité (programme d’éducation pour aider les parents), les habitudes de vie et le support des pairs. « Des études ont vraiment prouvé l’efficacité de l’exercice, de la luminothérapie et de l’optimisation du sommeil », souligne le médecin de famille.

En ce qui concerne la pharmacothérapie, une nouvelle molécule a été approuvée récemment pour traiter la dépression post-partum. « La plupart des molécules qu’on utilise jouent sur les neurotransmetteurs, mais le zuranolone joue sur les hormones, explique le Dr Sun. Les études ont démontré qu’après l’accouchement, la femme a une chute drastique de l’hormone alloprégnanolone, ce qui serait la cause de l’augmentation des symptômes de dépression. »

On pallie ce déficit avec le zuranolone qui a un effet rapide. Les taux de rémission sont de 50 % quand la dépression post-partum est traitée. « Il est donc important d’être à l’affût pour bien diagnostiquer et bien traiter la dépression post-partum », conclut le Dr Charles Sun.