Alors que les travailleurs se disent valorisés et impliqués, ils se sentent freinés par les prises de décision lentes et une autonomie limitée, selon une étude européenne. 

Ce phénomène est décrit comme le paradoxe de la productivité, qui rend difficile l’équilibre entre une culture d’entreprise forte et le besoin de rapidité et d’innovation.

Ainsi, quatre travailleurs européens sur dix (41 %) citent la bureaucratie et la lenteur des prises de décision comme principale faiblesse de la culture d’entreprise, indique le rapport Culture Compass 2026, élaboré par la Rotterdam School of Management de l’Université Erasmus et le groupe de réflexion Meet Your Purpose. Le document se base sur une étude menée auprès de plus de 540 gestionnaires et employés en Autriche, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse.

Seuls 11 % des travailleurs européens décrivent leurs organisations comme fortement orientées vers les résultats, ce qui signifie un écart entre un management ancré dans la collaboration et un chemin ardu vers la performance.

En effet, si les entreprises européennes ont réussi à bâtir des environnements fondés sur la confiance et centrés sur l’humain, ces mêmes qualités pourraient contribuer à ralentir l’exécution et à freiner l’innovation, souligne Workplace Insight.

L’étude montre un décalage entre les valeurs des employés et les priorités des organisations. Tandis que les travailleurs privilégient l’intégrité et l’honnêteté, les organisations sont vues comme récompensant avant tout le travail en équipe et les résultats.

Selon les chercheurs, cet écart pourrait être résolu en passant d’un management fondé sur les règles à un management orienté vers les résultats, tout en permettant d’accélérer la prise de décision et de préserver la sécurité psychologique.