Le manque de main-d’œuvre pourrait se faire sentir de manière importante dès cette année, après trois années de répit.

La population en âge de travailler diminuera entre 2026 et 2029, pour la première fois depuis plus d’un siècle, indique l’Institut du Québec dans son rapport intitulé Bilan 2025 de l’emploi au Québec.

L’Institut du Québec a été fondé dans le cadre d’un partenariat entre HEC Montréal et le Conference Board du Canada. C’est à présent un organisme indépendant.

La diminution du nombre de Québécois en âge de travailler s’explique par le vieillissement démographique, mais surtout par la baisse des seuils d’immigration permanente et du nombre de résidents non permanents, souligne l’étude.

« Ce recul pourrait faire basculer le rapport de force en faveur des travailleurs grâce à la raréfaction des candidats » prévient l’Institut du Québec.

Une des premières conséquences est que les pénuries de main-d’œuvre pourraient revenir au premier plan dès l’année 2026. Au cours des trois dernières années, le manque de main-d’œuvre était devenu relatif, en raison de l’essor de l’immigration et d’un moindre investissement des entreprises. Ce dernier facteur était lié au niveau élevé des taux d’intérêt.

Et même durant cette période plus favorable aux employeurs, les salaires ont progressé plus vite que l’inflation, observe le rapport.

En 2026, certains facteurs pourraient alourdir le manque de main d’oeuvre. La baisse de l’immigration pourrait réduire la compétition entre chercheurs d’emploi tout en aggravant les difficultés de recrutement des entreprises. L’investissement public attendu dans certains secteurs, tels que la défense, la transition énergétique et la construction d’infrastructures, pourrait susciter de nombreuses créations d’emplois.

À l’inverse, l’incertitude économique demeure forte, en raison des tensions commerciales avec les États-Unis. Par ailleurs, l’accélération de l’automatisation par l’intelligence artificielle présente un risque accru de substitution des travailleurs dans certains secteurs comme l’information et la culture, où l’adoption et la volonté d’automatisation sont fortes, pointe l’Institut du Québec.