Difficile, au Québec, de parler d’infrastructures ou d’immobilier sans mentionner la Caisse de dépôt et placement. En effet, le bas de laine des Québécois a acheté son premier immeuble de bureaux en 1980 et est présent dans le domaine des infrastructures depuis maintenant plus d’une décennie. Les infrastructures ont bien contribué au rendement de la Caisse en 2012 et les investissements se poursuivent.

Au mois de janvier, la Caisse a annoncé l’investissement d’environ 500 millions de dollars dans un portefeuille de parcs éoliens, dont Le Plateau situé en Gaspésie. Le mois dernier, elle a investi dans un centre australien de recherches en biosciences. Qu’a-t-on appris de ce parcours ? « L’objectif du portefeuille des infrastructures est de fournir un rendement stable et prévisible à long terme pour les déposants, affirme Macky Tall, vice-président principal, Infrastructures à la Caisse. Nous cherchons des infrastructures avec un profil risque-rendement très bien défini. Il s’agit d’infrastructures essentielles, de nature monopolistique, réglementée ou contractée avec la capacité de générer des dividendes élevés à long terme. »

Le long terme est effectivement un élément clé de cette stratégie d’investissement. M. Tall affirme que, de façon générale, la Caisse ne considérera pas un investissement dans les infrastructures sans la capacité de fournir des rendements sur un horizon de dix ans et plus. « Ces projets exigent des mises de capital importantes, lesquelles prennent de nombreuses années à récupérer, à rentabiliser », conclut-il. La capacité d’offrir une protection contre l’inflation à long terme est un autre critère important dans le choix d’investissements, car les déposants de la Caisse font souvent face à des obligations qui sont indexées à l’inflation.

Chercher des partenaires

Malgré sa propre expertise en investissements, l’un des éléments clés de la stratégie de la Caisse demeure le partenariat. C’est d’ailleurs le cas non seulement avec les infrastructures, mais aussi quant aux placements privés. Pour M. Tall, avoir des partenaires crée de la valeur dans les investissements et contribue à la bonne maîtrise des risques. « Nous cherchons des moyens financiers et une complémentarité avec des partenaires possédant une grande expertise des secteurs dans lesquels nous investissons. Nous cherchons aussi de l’expertise opérationnelle, explique-t-il. De son côté, la Caisse apporte son expertise financière et sa contribution dans le montage de projets. »

Les partenariats s’avèrent peut-être encore plus intéressants au moment d’investir à l’étranger. La Caisse vise en effet une diversification géographique et sectorielle. « Le Québec est un marché que nous connaissons et que nous privilégions. Nous avons une meilleure compréhension du contexte et du profil des investissements ici, déclare M. Tall. De façon naturelle, plus nous allons nous éloigner dans nos investissements, plus nous allons déployer des efforts pour bien comprendre le contexte local et les risques associés à nos investissements. Une manière de partager ce risque international est au niveau des partenariats. »

« Un secteur porteur à long terme »

Chose certaine, tous les régimes de retraite ne disposent pas des mêmes ressources que la Caisse de dépôt. Les infrastructures représentent éventuellement un domaine intéressant pour les moins grands régimes, affirme M. Tall. « C’est un secteur à long terme qui est porteur, et qui peut bien complémenter un portefeuille d’actifs, dit-il. Mais, en même temps, il faut prendre les moyens et le temps de bien comprendre les avantages et les profils de risque pour être sûr de développer une stratégie qui répond bien à leurs besoins. Nous ajustons notre stratégie très régulièrement, sinon continuellement pour les déposants de la Caisse. »

Ce peut être une tentation pour d’autres régimes de retraite de miser sur l’exemple de la Caisse. Par contre, M. Tall souligne qu’il ne faut pas s’attendre à récolter des fruits d’une stratégie en infrastructures du jour au lendemain. « La Caisse est maintenant active dans ce secteur, mais nous avons vraiment développé une expertise avec le temps, qui nous permet d’agir de la façon dont nous le faisons », conclut-il.

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