Comparativement aux retraités actuels, les travailleurs prévoient se retirer du marché plus tard, s’attendent à devoir épargner davantage et sont plus nombreux à envisager de continuer de travailler à temps partiel pendant leur retraite. Face à une hausse du stress financier chez les employés, comment les employeurs devraient-ils agir?

Le nouvel âge cible des travailleurs canadiens pour la prise de la retraite se situe maintenant à 62 ans, selon une étude réalisée par Pollara Strategic Insights pour Placements Mackenzie.

À titre comparatif, les retraités déjà à la retraite affirment s’être retirés du marché du travail à l’âge de 57 ans.

Outre repousser l’âge de leur retraite, les travailleurs estiment qu’ils auront besoin d’accumuler un actif deux fois plus important (878 000 $) que les retraités actuels. Ces derniers évaluent en moyenne à 427 000 $ l’épargne-retraite qu’ils détenaient lorsqu’ils ont pris leur retraite.

Mais l’écart le plus important concerne probablement la transition entre la vie active et la retraite. Alors que près de la moitié (45 %) des futurs retraités prévoient continuer de travailler dans une certaine mesure, à peine 9 % des retraités actuels disent être encore actifs sur le marché du travail, ne serait-ce qu’à temps partiel. 

Attentes élevées

Si les futurs retraités estiment avoir besoin de deux fois plus d’actif que les retraités actuels, c’est peut-être parce qu’ils visent un mode de vie plus dispendieux. Par exemple, 76 % des non retraités ont l’intention de beaucoup voyager, alors que seulement 44 % des personnes déjà retraités disent avoir une tel mode de vie. Dans la même veine, 51 % des futurs retraités ont exprimé le désir de participer à des initiatives philanthropiques, alors que seulement 33 % des retraités actuels ont les mêmes attentes.

« Les résultats de l’étude indiquent que, vu leurs attentes, leurs plans et les défis uniques auxquels ils font face, les travailleurs canadiens doivent aborder la planification de la retraite et la transition à la retraite différemment de leurs parents et grands-parents, soutient Carol Bezaire, vice-présidente, fiscalité, successions et philanthropie stratégique à Placements Mackenzie. Ils font face à une nouvelle réalité en matière de retraite qui nécessite une nouvelle approche. »

Cette nouvelle réalité s’explique notamment par le déclin des régimes de retraite à prestations déterminées, l’allongement de l’espérance de vie et les faibles rendements.

Le rôle des employeurs

Un autre sondage mené par Gestion de placements Manuvie révèle pour sa part que le niveau de stress financier chez les employés canadiens a atteint un sommet : 27 % disent ressentir un stress financier important, alors qu’ils n’étaient que 11 % avant le début de la pandémie.

Compte tenu des réalités d’aujourd’hui, notamment la nécessité pour environ 51 % des Canadiens de puiser dans leur fonds d’urgence ou d’augmenter le solde de leurs cartes de crédit depuis le début de la pandémie, à peine le tiers des répondants au sondage estiment que leur situation s’améliorera au cours de la prochaine année

Au Canada, plus de la moitié des répondants ont indiqué être en quête de conseils de planification de la retraite et de placement. À ce sujet, 75 % d’entre eux ont fait valoir qu’un programme de bien-être financier parrainé par leur employeur aurait une incidence positive sur leur stress financier, les données suggèrent que les employeurs peuvent influencer directement le bien-être financier de leurs équipes au-delà du salaire. Dans l’ensemble, 80 % des répondants indiquent que le simple fait d’établir des objectifs financiers serait utile.

Ainsi, 90 % des répondants estiment qu’il est important que les employeurs offrent des programmes de bien-être financier, environ quatre sur dix les jugeant très importants. Trente pour cent (30 %) des répondants canadiens indiquent que leur employeur offre un programme de bien-être financier assez complet ou très complet, ce pourcentage tombant à tout juste 12 % chez les répondants américains. Près d’un Canadien sur cinq a déclaré ne pas savoir si son employeur offre ou non un tel programme.

Par ailleurs, 89 % des répondants canadiens  ont indiqué que des estimations du revenu et des dépenses à la retraite, notamment des frais médicaux, les inciteraient à se préparer à la retraite.

« L’année a forcé les employeurs et les employés à fonctionner et à travailler de façon novatrice, affirme Brett Marchand, chef, produits et services d’épargne-retraite, Canada à Gestion de placements Manuvie. Les employeurs sont particulièrement bien placés pour soutenir leurs employés, notamment en allégeant le stress financier et en offrant des conseils, ce qu’ils peuvent faire dans le cadre d’une offre globale de bien-être financier. »