Les Canadiens âgés de plus de 50 ans sont de moins en moins confiants quant à leur retraite dans un contexte d’allongement de l’espérance de vie et d’augmentation du pourcentage d’employés qui continuent à travailler après 65 ans, selon une nouvelle enquête menée par l’Institut national sur le vieillissement de l’Université métropolitaine de Toronto.

Cette enquête, qui a interrogé plus de 6 000 Canadiens âgés de 50 ans et plus, a révélé qu’un sur cinq (22 %) a déclaré avoir épargné 5 000 $ ou moins pour sa retraite. Un pourcentage similaire a déclaré avoir entre 5 000 et 100 000 $ (26 %) et entre 100 000 et 500 000 $ (24 %).

« C’est vraiment préoccupant quand on sait que les gens vivent plus longtemps — certaines de ces personnes pourraient se retrouver avec une retraite de 40 ans avec moins de 100 000 $, souligne Talia Bronstein, directrice des politiques à l’Institut national sur le vieillissement. Nous constatons également une dépendance accrue à l’égard de nos systèmes de revenu de retraite financés par l’État, tels que la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti.

« Cela est préoccupant pour plusieurs raisons, non seulement pour le bien-être de ces personnes et leur capacité à se nourrir, se loger et subvenir à tous leurs besoins essentiels, mais aussi pour la pression que cela exerce sur les systèmes publics. »

En effet, l’enquête a révélé que plus d’un tiers (35 %) des Canadiens âgés de 50 ans et plus ont déclaré travailler, tandis que 52 % ont déclaré être à la retraite. Si les taux d’emploi étaient les plus élevés chez les Canadiens âgés de 50 à 64 ans (58 %), près d’un cinquième (15 %) des personnes âgées de 65 à 79 ans et 4 % des Canadiens âgés de 80 ans et plus ont déclaré qu’ils travaillaient encore.

Parmi les Canadiens âgés de 50 ans et plus qui n’ont pas encore pris leur retraite, le pourcentage de ceux qui estiment pouvoir se permettre de la prendre au moment souhaité est passé de 35 % en 2022 à 29 % en 2025. Au cours de la même période, ceux qui ont déclaré ne pas pouvoir se permettre de prendre leur retraite au moment souhaité sont passés de 37 % à 43 %, tandis qu’environ un quart ont déclaré rester incertains.

Les résultats de l’enquête confirment la nécessité pour les employeurs de proposer des instruments d’épargne-retraite solides afin de soutenir le bien-être financier des travailleurs, explique Mme Bronstein. En plus d’offrir des régimes de retraite collectifs, les employeurs peuvent également soutenir les employés plus âgés en adaptant les conditions d’emploi aux besoins individuels.

« Cela peut se traduire par une meilleure accessibilité [ou] une plus grande flexibilité. Certaines personnes souhaitent réduire leur temps de travail, mais veulent continuer à travailler. Une plus grande flexibilité de la part des employeurs peut donc être très bénéfique pour ces employés. »

Les changements apportés aux politiques gouvernementales en matière de retraite, en particulier les prestations du Régime de pensions du Canada et du Régime de rentes du Québec, peuvent également aider les travailleurs canadiens qui font face à l’incertitude de la retraite. L’Institut national sur le vieillissement a récemment adressé une pétition au ministère fédéral des Finances et au ministère de l’Emploi et de la Famille dans une lettre plaidant en faveur d’une garantie de report de la retraite.

Mme Bronstein explique que cette garantie aiderait les Canadiens qui retardent le versement des prestations du RPC/RRQ en remboursant, en cas de décès prématuré, à leur succession la différence entre les prestations qu’ils ont effectivement reçues et celles qu’ils auraient reçues s’ils avaient demandé à en bénéficier dès l’âge de 60 ans.

En 2020, l’Institut a publié un rapport qui a révélé que le Canadien moyen qui touche ses prestations du RPC/RRQ à 60 ans au lieu d’attendre jusqu’à 70 ans peut s’attendre à perdre plus de 100 000 $ de revenu garanti à vie.

« Il s’agit d’un filet de sécurité et [la garantie de report de la pension] répond à la principale crainte des Canadiens qui reportent leurs prestations du RPC/RRQ, à savoir la peur de passer à côté de quelque chose. Ce n’est pas une question de calcul financier, mais plutôt une question psychologique. C’est une occasion vraiment intéressante d’inciter les gens à reporter la demande de prestations du RPC/RRQ [et] c’est une mesure très efficace que le gouvernement peut prendre à peu de frais. »

Cet article a initialement été publié par Benefits Canada