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Souvent sous-estimé, le bruit excessif de certains milieux de travail met en péril la santé auditive et mentale des employés.

Selon un sondage mené en France par l’Association nationale de l’audition (ANA), 60 % des employés se disent gênés par le bruit au travail, en hausse de 10 % par rapport à 2017.

Dans les bureaux, les niveaux sonores oscillent fréquemment entre 55 et 75 dB (A), a affirmé le président de l’ANA Jean-Luc Puel, en entrevue avec le média français Handicap.fr. Si la réglementation française prévoit certaines mesures pour limiter le bruit en milieu de travail au-delà de 80 dB (A), M. Puel soutient que des risques pour la santé subsistent en deçà de ce seuil. Au-delà des cas de surdité professionnelle reconnus, les milieux de travail bruyants peuvent entraîner de l’hyperacousie et des acouphènes.

Mais les impacts ne sont pas que physiques, puisque les nuisances sonores sont aujourd’hui identifiées comme une source majeure de stress, susceptible d’altérer la qualité de vie, le sommeil et l’équilibre psychologique. À long terme, cette exposition chronique favorise la fatigue cognitive, l’irritabilité, les troubles anxieux et une dégradation progressive de la santé mentale. L’exposition à du bruit excessif pourrait même être associé à certains troubles cardiovasculaires.

En matière de prévention, l’ANA plaide pour une reconnaissance du bruit comme « facteur de risque transversal », comparable au stress ou à la pollution de l’air. En ce sens, les nuisances sonores devraient être intégrées dans les démarches de mieux-être en milieu de travail et de prévention des risques psychosociaux des employeurs, soutient l’organisme.