L’Association québécoise des pharmaciens propriétaires se retire des négociations avec le gouvernement du Québec, après l’adoption du plafonnement de leurs honoraires.
Les pharmaciens propriétaires ne décolèrent pas depuis que Québec a adopté le plafonnement de leurs honoraires facturés aux assureurs privés.
L’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) dénonce « la décision du gouvernement de modifier, sans préavis, le modèle d’affaires des pharmacies, par un simple amendement au projet de loi 15, et ce sans analyse rigoureuse de ses conséquences et sans consultations sérieuses », indique un communiqué de l’association.
L’AQPP considère que cet amendement « met directement en péril l’accès aux services pharmaceutiques pour des millions de Québécois ».
L’association professionnelle en tire les conséquences en se retirant des négociations avec le gouvernement du Québec. L’AQPP dit aussi envisager des moyens de pression. Les pharmaciens propriétaires et le gouvernement sont en négociations depuis plusieurs mois pour préparer l’application de leurs nouveaux pouvoirs prévus par le projet de loi 67, adopté en juin 2024.
« On négocie avec le gouvernement de bonne foi pour tout ce qui est le volet public […] J’avais des engagements qu’on ne toucherait pas au modèle d’affaire des pharmaciens », regrette le président de l’AQPP, Benoit Morin, cité par Radio-Canada.
Le ministre du Travail, Jean Boulet, avait déposé un amendement à la demande du député de Québec solidaire, Alexandre Leduc, pour plafonner les honoraires des pharmaciens pour les patients couverts par une assurance privée. M.Leduc avait réclamé au gouvernement de s’attaquer à « la surfacturation des honoraires de pharmaciens ».
« Nous prenons le geste posé par le gouvernement comme une énorme gifle. Comment peut-on nous demander d’investir temps et argent pour élargir l’offre de services à la population alors que la stabilité même des pharmacies est menacée? », déplore Benoit Morin, président de l’AQPP, par communiqué.
L’association professionnelle pointe que « les honoraires versés par le gouvernement aux assurés du régime public demeurent nettement insuffisants pour couvrir les coûts d’exploitation et n’ont pas suivi l’inflation au fil des années.