Les préoccupations quotidiennes des promoteurs de régimes sont parfois très loin des grands enjeux stratégiques de l’industrie. Peu importe la taille de leur entreprise ou le marché dans lequel ils évoluent, ils ont tous en commun d’être en première ligne face aux participants. Pour Catherine Bourque, directrice principale, rémunération globale au Groupe Colabor, l’enjeu pour les promoteurs est bien souvent de mettre sur pied un régime adapté à leur réalité d’affaires, au contexte de l’entreprise et aux ressources disponibles pour l’administration.

Bien entendu, la réalité des employés doit elle aussi être prise en compte lors de l’élaboration des règles du régime, ce qui n’est pas toujours simple. « J’aimerais bien que notre régime devienne obligatoire, mais avant, on doit s’assurer que les employés ont la capacité financière d’épargner, ce qui n’est pas le cas de tout le monde », explique Mme Bourque. Si la structure du régime préoccupe les employeurs, un défi majeur réside plutôt dans la communication et l’information aux participants. « Le gros enjeu, c’est de faire en sorte que les gens connaissent leur régime, affirme Nathalie Perron, conseillère en régime de retraite à La Coop fédérée. Il y a un réel risque à ne pas suffisamment informer les employés. Si je ne leur en parle pas, ça ne donne rien d’investir là-dedans. »

Les deux promoteurs s’accordent pour dire que les employés apprécient généralement entendre parler de leur régime de retraite. « Quand on fait des séances d’information de groupe, les gens sont tellement heureux de voir que l’employeur se soucie de leur futur bien-être financier. C’est un bon point de départ pour nous », soutient Mme Bourque. Selon elle, le plus grand risque qu’encourent les participants concerne les mauvais choix de placements. « Les employés utilisent les outils en ligne fournis, mais leurs investissements ne sont pas nécessairement alignés avec leur profil et leur objectif de retraite pour autant. On doit leur expliquer quoi faire après avoir utilisé les outils », insiste-t-elle, en ajoutant que l’élaboration de communications ciblées en fonction de l’âge et du type d’investisseur serait une idée intéressante à développer.

Or, même si elles reconnaissent l’importance des rencontres individuelles avec un conseiller financier dans la démarche de planification de la retraite Nathalie Perron et Catherine Bourque sont réticentes à l’idée de s’impliquer à cet égard. « C’est un sujet difficile pour les promoteurs. On a de la difficulté à voir le risque fiduciaire pour un employeur de cautionner l’utilisation d’un conseiller unique dans un régime de retraite. On manque d’information à ce sujet », note Catherine Bourque. « Les rencontres individuelles fonctionnent bien pour que les employés prennent action. En tant qu’employeurs, on n’est pas positionnés pour les conseiller, mais on peut les guider vers les bonnes ressources », ajoute Nathalie Perron.

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