Au Canada, 45 % des personnes vivent avec au moins une maladie chronique. « La croissance provient de plus en plus des jeunes adultes », a indiqué Sabrina Damato, directrice de produit à la Sun Life, lors de la conférence Maladies chroniques au travail d’Avantages, le 5 février dernier.
L’hypercholestérolémie, l’hypertension, le diabète et les maladies respiratoires sont parmi les maladies qui affichent les plus fortes progressions chez les jeunes. « Dans plusieurs cas, les moins de 30 ans enregistrent les hausses les plus rapides, ajoute-t-elle. Aussi, les femmes présentent une prévalence plus élevée que les hommes pour plusieurs maladies chroniques, comme le cancer (deux fois plus) et les problèmes de santé mentale (1,7 fois plus).
« Pour les employeurs, le constat est clair, note Sabrina Damato. Il faut des programmes qui rejoignent les personnes plus jeunes tout en tenant compte des réalités de la santé des femmes. »
L’obésité mérite une attention particulière en raison de l’augmentation de sa prévalence et de l’utilisation des traitements. « Depuis 1985, la prévalence de l’obésité a presque triplé au Canada, indique Sabrina Damato. Ce qui rend le sujet complexe, c’est qu’il n’y a pas une seule cause ni une seule solution donc les approches de prévention et de prise en charge doivent être personnalisées. »

Actuellement, moins de la moitié des personnes atteintes de maladies chroniques suivent pleinement les traitements et les changements recommandés par leur médecin. « Bien souvent, c’est parce qu’elles n’ont pas accès aux bons outils, à l’information nécessaire et au soutien approprié », mentionne Mme Damato.
Le soutien offert doit comprendre des programmes de gestion des maladies chroniques, une couverture des frais de médicaments, un soutien en santé mentale et de meilleures pratiques pour le retour au travail. « Les programmes de gestion des maladies chroniques visent à offrir de l’information, à renforcer la motivation et à offrir du soutien aux employés », indique Sabrina Damato qui ajoute que le coaching utilisant l’intelligence artificielle peut offrir de la rétroaction en temps réel pour aider les gens à autogérer leur maladie.
Même si ces programmes sont souvent offerts par les assureurs, les employeurs peuvent jouer un rôle concret. « Les employeurs qui s’engagent activement à faire connaitre leur offre d’avantages sociaux connaissent généralement les meilleurs taux d’adhésion aux programmes de gestion des maladies chroniques », mentionne Sabrina Damato.
Trois éléments devraient guider les priorités à mettre en place dans un programme de gestion des maladies chroniques : la prévalence d’une maladie, sa croissance et les besoins de santé non comblés concernant cette maladie. « Quand on applique ces trois critères, le diabète et l’asthme ressortent clairement », indique Sabrina Damato.
Des programmes de prévention s’avèrent également bénéfiques pour réduire les risques de prévalence de certaines maladies chroniques. Finalement, les meilleurs programmes de soins combinent une approche ciblée, un accompagnement personnalisé et un plan d’action concret.