Les médicaments pour la gestion du poids et les traitements contre les maladies rares devraient faire grimper les coûts des régimes privés d’assurance médicaments en 2026, selon un rapport.
Les médicaments pour la gestion du poids et les traitements spécialisés coûteux devraient avoir le plus grand impact sur les régimes privés d’assurance médicaments cette année, selon le rapport annuel de Telus Santé sur les médicaments en cours de développement.
Ce rapport révèle que les dépenses liées aux médicaments pour la gestion du poids ont plus que quadruplé depuis 2021. En 2024, cette catégorie a doublé de volume suite au lancement de Wegovy (sémaglutide) en mai de cette année-là, tandis que le nombre de bénéficiaires a augmenté de plus de moitié.
Ces médicaments ont traditionnellement fait l’objet d’une exclusion standard des régimes privés, et on estime que moins de la moitié des régimes offrent une couverture automatique. Ils sont de plus en plus pris en considération par les promoteurs de régimes, non seulement parce que ces médicaments sont efficaces et peuvent réduire les coûts liés aux comorbidités de l’obésité telles que le diabète de type 2 et l’arthrite, mais aussi parce que leur couverture constitue un outil potentiel pour attirer et fidéliser les employés.
De nouvelles thérapies devraient continuer à stimuler la croissance. Zepbound (tirzépatide) a été approuvé par Santé Canada en mai 2025 et a fait son entrée sur le marché canadien en juillet 2025. Les essais cliniques montrent qu’il est capable de réduire le poids corporel de 20 %. Parmi les autres médicaments de gestion du poids en cours de développement, on trouve des traitements combinés qui ont entraîné une perte de poids moyenne de 23 %, ainsi que des médicaments de nouvelle génération ciblant plusieurs hormones régulatrices de la faim, avec des résultats d’essais allant jusqu’à 29 %.
Les traitements de la myasthénie grave généralisée concernent une population de patients plus restreinte, mais leur coût est nettement plus élevé. Le rapport estime qu’entre 12 000 et 13 000 Canadiens vivent actuellement avec cette affection, dont environ 1 800 souffrent d’une forme réfractaire, ce qui signifie qu’ils ne répondent pas bien aux traitements standard. Les coûts annuels des traitements biologiques varient entre environ 220 000 et 700 000 dollars, selon le médicament et le poids du patient. Un autre produit biologique, Imaavy (nipocalimab), est actuellement examiné par Santé Canada et devrait être approuvé début 2026.
Le rapport a également mis en avant trois médicaments qui ont récemment quitté le pipeline. Dupixent (dupilumab) a reçu l’autorisation de Santé Canada pour le traitement de la bronchopneumopathie chronique obstructive en octobre et de l’urticaire chronique spontanée en novembre, pour un coût annuel de 27 000 dollars.
Leqembi (lecanemab), approuvé par Santé Canada en octobre, est le premier traitement modificateur de la maladie pour la maladie d’Alzheimer. Il ralentit la progression de la maladie à ses stades précoces et son prix catalogue annuel est de près de 30 000 $. Les régimes privés d’assurance médicaments pourraient recevoir des demandes de remboursement de la part d’un sous-groupe de patients atteints de la maladie d’Alzheimer précoce, c’est-à-dire ceux diagnostiqués avant l’âge de 65 ans, qui représentent environ 27 000 à 31 500 Canadiens.
En décembre, le Wegovy a également été approuvé pour une forme avancée de maladie hépatique appelée MASH, élargissant ainsi son utilisation au-delà de la gestion du poids. Selon Liver Canada, plus de deux millions d’adultes canadiens vivent avec la MASH, et le coût annuel du traitement est le même que pour la gestion du poids.
Plus de 80 médicaments génériques devraient être mis sur le marché pour remplacer 22 médicaments de marque, la plus forte baisse des coûts étant attendue dans les catégories du diabète de type 2, de la gestion du poids et du cancer, où les coûts de traitement peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars par mois. Le prix des génériques est réglementé et peut descendre jusqu’à 25 % du prix du médicament de marque, en fonction du nombre de concurrents et de la couverture du médicament par les régimes publics.
Les génériques des médicaments GLP-1 tels que l’Ozempic et le Wegovy pourraient mettre plus de temps à arriver sur le marché en raison de la complexité du processus d’examen de Santé Canada et des considérations en cours relatives aux brevets. Novo Nordisk a également reçu l’autorisation de Santé Canada, fin décembre, pour des versions moins coûteuses de l’Ozempic et du Wegovy qui sont identiques aux médicaments originaux mais dont le prix est aligné sur celui des génériques à venir.
Le pipeline des biosimilaires a considérablement ralenti, avec seulement cinq produits actuellement en cours d’examen réglementaire après deux années consécutives d’activité d’autorisation à deux chiffres. Les biosimilaires sont généralement proposés à des prix inférieurs de 20 à 40 % à ceux des produits biologiques originaux, mais les litiges en matière de brevets continuent de retarder l’entrée sur le marché de certains traitements.
Le rapport souligne également que les médicaments à base de GLP-1 pourraient à terme être prescrits pour un éventail plus large de pathologies, au-delà du diabète de type 2 et de la gestion du poids, notamment l’arthrite, les maladies cardiovasculaires et les maladies rénales.
Ce texte a été publié initialement sur Benefits Canada.