Claude Di Stasio est vice-présidente, Affaires québécoises, Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes

Après toute une carrière dans le secteur de l’assurance de personnes, Claude Di Stasio connaît l’industrie comme le fond de sa poche. Ayant vécu l’époque où les déficits actuariels causés par de mauvais rendements n’existaient pas et où la moyenne d’âge des employés n’était pas un problème, elle a pu constater mieux que quiconque les changements qui ont bouleversé l’industrie. Une industrie en pleine ébullition, affirme-t-elle. « Dans les années 1990, les réclamations d’invalidité étaient causées par les maux de dos. On ne parlait presque pas de santé mentale alors que c’est aujourd’hui devenu l’une des plus grandes préoccupations dans l’industrie. Les maux ont changé.

Même si le concept de prévention est aujourd’hui sur toutes les lèvres, elle déplore qu’encore peu d’employeurs s’y intéressent réellement. « Encore en 2014, pour bien des employeurs, la prévention c’est une perte d’argent. Mais si grâce à des programmes d’aide et de prévention, un employé gagne ne serait-ce qu’une demi-heure de productivité par jour, c’est rentable. Les employeurs doivent cesser de voir seulement la dépense et prendre conscience du retour sur investissement des initiatives de prévention en santé mentale et physique.

Claude Di Stasio affirme aussi être très préoccupée par les questions démographiques, qui transforment le monde du travail, mais aussi les produits d’assurances. « Dans certaines entreprises, cinq générations travaillent ensemble, c’est du jamais vu! Les employeurs veulent garder les baby-boomers pour ne pas perdre une expertise difficile à remplacer, mais de l’autre côté, plus ils travaillent longtemps, plus ils représentent un risque en matière de santé et d’assurance », explique-t-elle. Les organisations dont la main d’œuvre est plus jeune font elles aussi face à certains défis. « Certaines entreprises, dont la majorité des employés sont très jeunes, vont voir leurs coûts en assurances augmenter à mesure que leurs employés vont vieillir. Les assureurs doivent développer des produits qui répondent à ces nouvelles réalités », soutient Mme Di Stasio.

Dans un contexte où les jeunes générations changent fréquemment d’emploi, elle croit aussi qu’il faut miser davantage sur la portabilité des produits, qui permettront aux employés de conserver certaines protections malgré un cheminement de carrière sinueux. « Notre rôle, c’est de prévenir la détérioration de l’individu. En aidant les employés, on les rend plus heureux, et donc, plus productifs.

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