Daniel Simard est directeur général, Bâtirente
Syndicaliste de longue date, Daniel Simard a été négociateur de conventions collectives avant de se spécialiser dans le secteur de la retraite. D’abord administrateur du régime de retraite de la CSN, il a joint les rangs de Bâtirente lors de sa création en 1987. Dans un contexte où le destin des régimes à prestations déterminées est incertain, le défi, selon Daniel Simard, est de rendre les régimes de capitalisation efficaces. « Il faut mettre l’accent sur le revenu de retraite, par le biais de stratégies de type horizon de retraite par exemple », soutient-il.
Contrairement à la tendance de l’industrie voulant que les employés s’impliquent activement dans la gestion de leur régime CD, Daniel Simard croit plutôt à la mise en place d’une offre simplifiée pour les participants, notamment par l’entremise de portefeuilles qui ajustent automatiquement le risque en fonction du nombre d’années qui séparent le participant de la retraite.
Par exemple, les titres de croissance peuvent être peu à peu remplacés par des titres à revenu fixe sans que le participant n’ait à faire quoi que ce soit. « Plus vous en offrez, plus les gens sont passifs. On préfère proposer quelques produits standardisés et bien calibrés. On fait affaire avec des travailleurs qui n’ont pas nécessairement les connaissances financières ni l’intérêt pour participer activement à la gestion de leur régime », soutient M. Simard, qui affirme aussi être très préoccupé par les frais de gestion. « Plus on personnalise les régimes, plus les coûts augmentent. Faire du collectif permet de baisser les coûts. Les frais, ce sont des rendements que l’on dépense. On doit agir là-dessus aussi », dit-il.
Daniel Simard entrevoit en outre de nombreuses difficultés liées au décaissement, particulièrement dans les régimes de petite taille. « On commence à avoir des problèmes d’exode des retraités. Récemment, dans un petit groupe, plusieurs employés sont partis à la retraite. La caisse est passée de 5 à 3 millions de dollars. On doit trouver des solutions pour convaincre les retraités de laisser leurs économies dans le régime et éviter que les caisses de retraite ne se vident », croit-il.
Mais au-delà de toutes ces considérations techniques et financières, Daniel Simard n’oublie jamais que son rôle est d’abord et avant tout de rendre service aux travailleurs. « Travailler dans le secteur de la retraite, ça permet de mettre un peu de social dans la finance », conclut-il.