Roger Beauchemin est président et chef de l’exploitation, Addenda Capital

« Nous ne pouvons pas permettre la disparition des régimes de retraite à prestations déterminées, car il s’agit d’un outil d’une importante utilité publique. On doit travailler sur leur pérennité et je pense que tout le monde réalise qu’on est à un point de non-retour », déclare Roger Beauchemin, rappelant que la survie des régimes est une question touchant énormément de personnes. Dans sa carrière, M. Beauchemin a œuvré chez plusieurs gestionnaires de fonds, occupant différents rôles et niveaux de responsabilité. Il a supervisé une équipe offrant des solutions d’investissement guidé par le passif (IGP) ainsi que le lancement de la première famille canadienne de fonds OPCVM.

Les dernières années ont certainement été marquées par des événements sur le plan mondial, dont notamment la crise asiatique de 1998 suivie de la crise économique dix ans plus tard. « Il n’y a personne travaillant dans notre milieu qui n’a pas été touché, d’une façon ou d’une autre, par ces crises. En ce qui a trait aux caisses de retraite, c’était une séquence d’événements majeurs dans une courte période de temps. »

La bonne nouvelle est que les promoteurs cherchent de plus en plus de stratégies différentes. « Il y a un certain appétit pour des “solutions” plutôt que des produits, observe M. Beauchemin. On voit une ouverture vers des mandats élargis avec des contraintes amoindries. Je pense que c’est une approche qui livrera une valeur ajoutée pour l’investisseur, et ce, pas uniquement par rapport au portefeuille de référence.&nbsp»

En encadrant le mandat de manière trop serrée, le promoteur ne tire pas pleinement profit de la capacité du gestionnaire de répondre au contexte du marché, note-t-il. Par exemple, on pourrait avoir une vision élargie de la stratégie à revenu fixe et, dans un contexte de faibles taux d’intérêt, aller vers l’international ou encore des hypothèques commerciales. Or, il ne faut pas perdre de vue l’importance d’une vision à long terme.

« La politique de placement doit être ancrée dans un contexte à beaucoup plus long terme. Il faut d’ailleurs libérer les caisses de retraite des contraintes d’évaluation à court terme, dit M. Beauchemin. Il s’avèrerait aussi intéressant de trouver différentes façons de découper les mandats pour donner plus de latitude au gestionnaire. »

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