Les dépenses en soins dentaires continueront d’augmenter principalement à cause du comportement des participants qui a des répercussions énormes sur les coûts des soins dentaires. C’est ce que révèle les conclusions d’une analyse effectuée par ESI Canada sur l’impact des soins dentaires sur le coût des régimes privés d’assurance collective.
Annie Rodrigue, chargée de comptes, Service à la clientèle chez ESI Canada, estime néanmoins qu’une structure de régime efficace et des règles de traitement peuvent contribuer à la réduction de la pression sur le coût des régimes de soins dentaires.
Pendant sa présentation, Mme Rodrigue a entre autres longuement parlé des économies potentielles qui peuvent être réalisées sur les frais de laboratoire. Elle propose de modifier la structure du régime et la méthode de calcul lorsque les honoraires de laboratoire sont plus bas que ceux dans le Guide des honoraires.
Une hausse moins marquante au Québec
Les données statistiques de ESI Canada de 2006 montrent par ailleurs que l’augmentation moyenne des guides des honoraires fut de 3,4 % à l’échelle du Canada. Avec une hausse de 2,8 %, le Québec est la province où l’augmentation fut la moins élevée au pays.
Le comportement des patients et le comportement des fournisseurs sont les deux principaux inducteurs de coût. Le comportement des patients peut être influencé notamment par le besoin de réalisation et d’estime de soi, le besoin se sentir aimé et de séduire, ainsi que les besoins physiologiques.
Le comportement des fournisseurs, quant à lui, s’explique surtout par une nécessité de rentabilité des affaires. Le Guide des honoraires et les contrats d’assurance peuvent aussi modifier le comportement des fournisseurs à l’égard des coûts des traitements.
D’autre part, en plus d’améliorer les traitements, les nouvelles technologies augmentent la productivité des fournisseurs, ce qui leur permet de répondre à plus demandes de soins, tout en augmentant le coût de chaque traitement donné, ce qui contribue à la hausse des coûts.
« Les fournisseurs tirent aussi largement avantage de la confiance et de la loyauté de leurs patients. Ces derniers sont prêts à écouter leur professionnel en soins dentaires sans le questionner quant aux traitements à recevoir, a continué Mme Rodrigue. Les fournisseurs ont aussi commencé à offrir une plus grande variété d’options de paiement, permettant aux patients de recevoir facilement des traitements plus complets. »
Les traitements pour soins esthétiques sont de plus en plus en demandes, même si dans bien des cas, ils ne sont pas couverts dans les régimes d’assurances dentaires. Fait intéressant, on remarque que 47 % des demandes afin de recevoir des soins esthétiques(dentaires)sont effectuées par les assurés âgés entre 40 et 59 ans, ce qui peut en surprendre plusieurs.
ESI propose deux solutions pour faire face à ce phénomène, soit d’appliquer une clause relative aux soins esthétiques en instaurant plus de modes de contrôle ou d’offrir des régimes incluant les soins esthétiques à un public plus large.
Plusieurs défis à surmonter
Mme Rodrigue affirme qu’il faudra regarder de près l’augmentation de l’utilisation des soins dentaires et les répercussions du vieillissement des baby-boomers dans les années à venir. « L’augmentation de l’utilisation comprend une prévention excessive, une augmentation des restaurations, plus d’incrustations, de couronnes et de facettes ainsi qu’une utilisation accrue d’anesthésiques », soutient-elle.
Elle croit aussi qu’il y aura un plus grand nombre de demandes liées à un dysfonctionnement de l’articulation temporomandibulaire et davantage de demandes liées à un accident. « Le vieillissement des baby-boomers se fera sentir par plus de chirurgies parodontales et de traitements endodontiques ainsi que par la hausse des coûts liés aux incrustations, aux couronnes et aux actes d’implantologie, croit-elle.
« Enfin, il faudra mettre à jour la structure des régimes pour refléter les nouvelles options de traitement, notamment en ce qui concerne la couverture pour les soins esthétiques, comme le blanchiment des dents et l’orthodontie chez les adultes, et revoir la couverture liées aux implants ainsi que le libellé du contrat », ajoute-t-elle.