Peter Bowen, Fidelity Investments Canada

« Les perspectives à l’égard de la retraite se sont assombries au cours de la dernière décennie au Canada. Il y a dix ans, 82 % des Canadiens et Canadiennes avaient une attitude positive, mais l’an dernier, seuls 71 % étaient optimistes », a déclaré Peter Bowen, vice-président, Recherche sur la retraite et la fiscalité chez Fidelity Investments Canada, lors de la dernière édition du DC Plan Summit de Benefits Canada.

Faisant référence au rapport annuel sur la retraite de Fidelity, M. Bowen a souligné que la plus grande dichotomie est celle entre les personnes retraitées et préretraitées, ces dernières ayant une perspective nettement plus négative. Parmi ce groupe, 84 % ont déclaré que le coût de la vie avait des répercussions négatives sur leur retraite, suivi par la faible croissance économique, les tensions géopolitiques mondiales, la volatilité des marchés boursiers et les taux d’intérêt.

Pour cette raison, près de la moitié (46 %) des personnes préretraitées ont dit qu’elles pensaient prendre leur retraite plus tard que prévu. « Les gens savent que les marchés vont connaître des fluctuations, a ajouté M. Bowen. Ils savent qu’ils doivent compenser cet effet en épargnant davantage pour leur retraite. Et l’une des solutions consiste à repousser leur départ à la retraite. »

Selon M. Bowen, la retraite comporte cinq principaux risques : la longévité, l’inflation, la répartition de l’actif, les taux de retrait et la santé. « La plupart de ces risques échappent au contrôle des gens, à l’exception du taux de retrait et de la répartition de l’actif », a-t-il ajouté.

Le sondage annuel de Fidelity sur la retraite a révélé que les personnes préretraitées estiment qu’elles ont besoin d’environ 93 000 $ par année pour vivre confortablement à la retraite, les transferts gouvernementaux représentant environ 36 500 $ de ce montant. En supposant un taux de retrait de 4 %, une personne doit donc épargner 1,42 million de dollars, ou 1,1 million de dollars pour un taux de 5 %.

« Que leur faut-il pour générer ce revenu supplémentaire de 57 000 $ ? Un peu plus d’un million de dollars. En moyenne, ils n’ont pas encore atteint ce niveau. Ils n’épargnent pas suffisamment pour arriver à la cible qu’ils se sont fixée, et encore moins pour atteindre le montant dont ils auront besoin d’après nos calculs. Alors, comment y arriver ? »

Faisant référence à un autre sondage mené en 2025 par Fidelity auprès de conseillers et de teneurs de compte, M. Bowen a souligné l’importance de la répartition de l’actif. Le sondage en question présentait le cas d’un client de 65 ans sur le point de prendre sa retraite qui voulait transférer son régime de retraite à cotisations déterminées, d’une valeur de 500 000 $, à leur cabinet. Le client était en bonne santé et avait une tolérance au risque moyenne. Sa seule option était d’investir dans des actions et des titres à revenu fixe.

Entre 2016 et 2025, la composante en actions suggérée est passée de 54 % à 62 %. « La composante en actions utilisée par les conseillers a augmenté. Cela est principalement attribuable à une espérance de vie plus longue […]. Il faut tenir compte du fait qu’à 65 ans, l’horizon de planification est de 30 ans, ou même plus. »

« En effet, comme les Canadiens vivent plus longtemps et prennent leur retraite plus tard, ils ont besoin d’un coussin plus important, a déclaré M. Bowen. Lorsque vous envisagez les différentes options de régimes à proposer, pensez à la façon dont vous pouvez aider votre clientèle à réussir. »

Cet article a initialement été publié par Benefits Canada