Selon un récent sondage publié par Pyramis Global Advisors, la division institutionnelle de Fidelity Investments, réalisé auprès des employeurs des secteurs public et privé américains, les régimes de retraite à prestations déterminées du secteur public américain ont placé une portion plus importante de leurs actifs dans les actions internationales que leurs homologues du secteur privé. À l’inverse, les régimes d’entreprises ont investi davantage dans les titres à revenu fixe que les régimes publics, ce qui constitue une autre première.
Ces résultats proviennent du cinquième sondage annuel de Pyramis Global Advisors sur les régimes de retraite à prestations déterminées, auquel ont participé plus de 210 responsables des principaux régimes des secteurs public et privé aux États-Unis.
« L’écart historique entre les préoccupations et motivations des régimes privés et celles des régimes publics a pris beaucoup plus d’ampleur en 2006, a déclaré Michael Barnett, vice-président et directeur, Services de retraite de Fidelity au Canada. Le secteur des régimes de retraite au Canada ayant généralement évolué dans le même sens qu’aux États-Unis dans le passé, ces révélations nous éclairent sur l’avenir des régimes de retraite chez nous. »
Le secteur américain des régimes de retraite a dû s’adapter à des modifications réglementaires et comptables importantes en 2006, comme la protection des régimes de retraite(Pension Protection Act ou PPA). Parallèlement, le bureau chargé des normes de comptabilité publique(le Government Accounting Standards Board ou GASB)a transformé les règles auxquelles les régimes du secteur public sont soumis. La PPA a accru les exigences de capitalisation des régimes de retraite à prestations déterminées et oblige les promoteurs à capitaliser pleinement leurs régimes dans des délais plus courts. Les nouvelles règles adoptées par le FASB et le GASB exigent pour leur part que les organisations comptabilisent les déficits ou excédents actuariels de leurs régimes dans l’état des résultats.
La volatilité des rendements préoccupe les régimes privés
Près de 40 % des répondants du secteur privé ont classé la volatilité des rendements au premier rang de leurs préoccupations. En vertu des nouvelles règles en vigueur, leurs régimes doivent se conformer plus rapidement à des exigences plus élevées en matière de capitalisation. Afin de maîtriser la volatilité des rendements, les sociétés ont donc commencé à utiliser des stratégies de gestion des risques ou envisagent de le faire. Par exemple, la moitié des répondants de ce groupe ont déclaré qu’ils utilisent ou songent à utiliser la gestion actif/passif.
Un pourcentage important des promoteurs du secteur privé sont ouverts à l’idée d’augmenter leurs rendements en ayant recours à de nouvelles stratégies de placement et en allégeant les contraintes auxquelles ils soumettaient leurs gestionnaires de placements. Plusieurs d’entre eux sont intéressés par des portefeuilles d’actions qui ne seraient pas entièrement en position longue : 63 % d’entre eux utilisent ou envisagent d’utiliser des portefeuilles 130/30 offrant des possibilités limitées de ventes à découvert. De surcroît, 20 % des répondants du secteur privé ont affirmé qu’ils affecteraient une portion accrue de leurs actifs aux actions non américaines et 19 % d’entre eux ont indiqué qu’ils augmenteraient la pondération de l’immobilier dans leur portefeuille.
Des préoccupations différentes pour les régimes publics
Le sondage a révélé que les promoteurs des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur public sont de plus en plus inquiets de la hausse des coûts liée à l’accroissement de l’espérance de vie et l’augmentation des coûts des soins de santé.
Les régimes du secteur public mettent l’accent sur la performance des placements, 53 % des répondants de cette catégorie ayant classé la faiblesse des rendements en tête de leurs préoccupations. Par ailleurs, plus de 80 % des grands régimes de retraite à prestations déterminées du secteur public utilisent ou songent à utiliser la méthode de transfert d’alpha.