À la suite de l’annonce du ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Philippe Couillard, divulguant les détails de la Politique du Médicament, les réactions n’ont pas tardé à venir. Cette politique permettra notamment d’élargir l’accès gratuit aux médicaments et d’améliorer le suivi et la surveillance clinique des clientèles avec des problèmes de santé complexes et chroniques.
D’abord, M. Philip Blake, président du Conseil d’administration du lobby des compagnies de recherche pharmaceutique du Canada(Rx&D)et président et chef de la direction de Bayer Inc. et M. Jérôme Silvestre, président du Comité Québec de Rx&D et président de sanofi-aventis Canada, ont déclaré : « En tant que partenaire de la santé au Québec, il est clair qu’un meilleur accès aux nouveaux médicaments est essentiel pour les patients. Si nous découvrons des médicaments et vaccins et que nos découvertes ne sont pas disponibles aux patients, ce sont là des occasions ratées d’améliorer leur santé. De plus, les médicaments novateurs représentent l’une des interventions les plus rentables de notre système de santé parce qu’ils évitent d’avoir recours à la chirurgie ou l’hospitalisation. Ils représentent moins de 10 cents de chaque dollar investi en santé au Québec », a ajouté M. Blake.
Les nouveaux médicaments ont, sur une période de 20 ans, contribué à une réduction importante des taux d’hospitalisation et de mortalité au Canada. Les hospitalisations reliées aux ulcères, aux maladies respiratoires et au diabète ont chuté respectivement de 66, 44 et 39 %. Le nombre de décès attribuable aux crises cardiaques a chuté, lui, de 64 %.
« Notre communauté note également l’importance que la Politique accorde à l’usage optimal du médicament. Si le médicament est accessible, mais sous-utilisé ou surutilisé, le patient n’obtient pas les bénéfices escomptés par la thérapie prescrite par son professionnel de la santé », a déclaré pour sa part M. Silvestre.
« Ces deux axes de la Politique doivent être soutenus par un troisième qui consiste en la capacité de générer des retours sur l’investissement justes et équitables pour notre communauté. Depuis 12 ans, l’industrie était frappée d’une mesure qui l’empêchait de majorer ses prix pour récupérer l’inflation. Or, depuis 1994, l’inflation a augmenté de 22 %. Une majoration de 2 % ne permet pas une récupération, mais envoie un signal positif pour une communauté de recherche pharmaceutique dynamique au Québec. De plus, ces deux axes nous permettent de poursuivre la recherche et le développement(R&D)de nouvelles thérapies pour les patients », a ajouté M. Silvestre.
C’est aussi avec intérêt que la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec(FMOQ)a pris connaissance de la Politique du médicament dévoilée par le ministre Philippe Couillard puisque les médecins omnipraticiens font 75 % des ordonnances. « Ce sont principalement des prescriptions initiales, mais aussi le renouvellent de celles des médecins spécialistes. Par conséquent, la mise en place de mesures concernant l’usage optimal des médicaments ne peut se faire sans la collaboration des omnipraticiens, a déclaré le Dr Dutil.
La Fédération retient plusieurs éléments intéressants dévoilés par le ministre. La Fédération appuie notamment l’amélioration de l’accessibilité aux médicaments pour les personnes les plus démunies de notre société. Le médicament constitue une part essentielle du traitement et l’accès à ces derniers est tout aussi nécessaire que l’accès à des soins médicaux.
La Fédération des médecins spécialistes du Québec(FMSQ)se réjouit de son côté du contenu de la nouvelle Politique québécoise du médicament. Cette Politique rencontre pour l’essentiel les priorités qu’avait énoncées la FMSQ, en février 2005, dans son mémoire.
La FMSQ a toujours défendu le droit aux patients d’avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin. En ce sens, l’accès amélioré aux médicaments, pierre angulaire de la Politique, répond favorablement aux préoccupations déjà exprimées. En outre, des processus plus transparents dans l’ajout de médicaments aux listes et la participation des cliniciens dans ces processus, ainsi que l’assouplissement de l’accès aux médicaments d’exception rencontrent les souhaits formulés par la FMSQ.
En ce qui a trait aux prix des médicaments, la Fédération est favorable à ce qu’une indexation dûment encadrée, mais légitime, soit permise. Elle appuie particulièrement le troisième axe de la Politique qui vise un usage optimal des médicaments. La Fédération considère en effet de première importance que les patients reçoivent des médicaments quand ils en ont besoin, mais à l’inverse, qu’on n’en prescrive pas aux personnes qui n’en n’ont pas besoin. De plus, la Fédération rappelle que le concept d’usage optimal des médicaments est déjà intégré dans les activités de formation qu’elle dispense aux médecins spécialistes; elle confirme d’ailleurs que ce volet sera non seulement maintenu, mais augmenté.
Un rôle économique important
Enfin, les Manufacturiers et exportateurs du Québec(MEQ)constatent avec satisfaction que le gouvernement reconnaît le rôle économique clé que joue l’industrie pharmaceutique dans le développement économique du Québec et propose ainsi des mesures qui améliorent le climat d’affaires pour ce secteur névralgique.
« La Politique du médicament est un excellent exemple d’une politique publique qui réussit à concilier différents objectifs. Au-delà de vouloir améliorer la santé de la population, force est de reconnaître que cette politique contribuera à améliorer également la santé de l’industrie, ce qui est de meilleur augure pour le maintien et l’attraction d’investissements », déclare Jean-Luc Trahan, président-directeur général de l’association.
« L’avenir de l’industrie manufacturière dépend de la capacité de nos gouvernements à adapter leurs stratégies aux nouvelles réalités concurrentielles. Il est important de se doter d’une stratégie globale coordonnée visant à améliorer significativement l’environnement d’affaires dans lequel opèrent les exportateurs québécois, et cette politique est un excellent exemple de bonne coordination », ajoute M. Trahan.
La Fédération des chambres de commerce du Québec(FCCQ)applaudit également les initiatives du gouvernement dans le cadre de la nouvelle Politique québécoise du médicament. La FCCQ, qui avait participé à la Consultation générale sur la Politique du médicament, est heureuse de constater que plusieurs de ses recommandations ont été prises en compte par le gouvernement, notamment en ce qui a trait à l’importance de maintenir la compétitivité du Québec avec une industrie biopharmaceutique forte, véritable fleuron de notre activité économique.
« Avec des retombées de plus de deux milliards de dollars injectés directement dans l’économie du Québec et la création de plus de 50 000 emplois directs et indirects, l’industrie biopharmaceutique revêt une importance capitale pour nos entreprises et notre compétitivité sur l’échiquier canadien et mondial », d’indiquer Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres des commerce du Québec. La FCCQ considère également que le gouvernement a très bien relevé le défi de concilier les enjeux et les objectifs de santé, de finances publiques et de développement économique.