Selon une étude publiée récemment par RBC Dexia Services aux Investisseurs, qui tient des données sur le plus important univers de caisses de retraite et de gestionnaires de placements du Canada, les caisses de retraite canadiennes ont connu en 2008 la baisse annuelle la plus forte de leur histoire alors que les marchés boursiers du monde ont poursuivi leur chute au quatrième trimestre.

Dans l’univers RBC Dexia représentant 310milliards de dollars canadiens, les actifs de retraite ont reculé de 7% au cours du trimestre qui a pris fin en décembre 2008, ce qui a fait passer la perte annuelle à 15,9%. «Les deux derniers trimestres de 2008 ont été particulièrement difficiles, mais le recul avait en fait déjà débuté à l’été 2007», a fait remarquer Don McDougall, directeur des Services-conseils de RBC Dexia.

Selon Don McDougall, les rendements désastreux de 2008 battent le record précédent établi en 1974 pour les pires résultats annuels. Les portefeuilles des caisses de retraite avaient alors fondu de 12,7%. Il faut se rappeler que les données sur le rendement des caisses de retraite ne remontent qu’au début des années 1960. Auparavant, il faut se tourner vers la grande dépression de 1929 à 1932, mais les résultats sont fragmentaires. Les caisses de retraite n’étaient pas répandues à cette époque et, de toute façon, l’exposition aux actions aurait probablement été assez limitée.

Actions canadiennes touchées

Les actions canadiennes ont été la catégorie d’actifs la plus durement touchée pour les investisseurs canadiens, l’indice composé S&P/ TSX ayant chuté de 33% au cours de l’année. «Les caisses de retraite s’en sont un peu mieux tirés et ont obtenu 1,5% de plus que l’indice grâce à la vigueur de leurs placements dans le secteur de la consommation de base, seul secteur encore épargné", a indiqué M. McDougall. Tous les autres secteurs ont perdu du terrain et subi des baisses allant de 21,1% à 48,4% au cours de l’année. Le secteur de la finance, le dernier à succomber, a dégringolé de 29,6 % au dernier trimestre, alors que le S&P/ TSX a glissé de 22,7 %.»

Les actions mondiales ont produit un rendement annuel négatif de 27,8%, exprimé en dollars canadiens, soit 1,9% de moins que l’indice mondial MSCI. « La plupart des caisses de retraite sont demeurées sous-pondérées en actions américaines», a déclaré Don McDougall.

Comme un grand nombre de marchés boursiers ont fait état de baisses records en 2008, l’indice mondial MSCI a accusé une baisse de 38,7% en devises locales. Toutefois, heureusement pour les investisseurs canadiens dont les actifs n’auront pas été couverts, l’affaiblissement du huard aura sensiblement contribué à amortir le coup. Au quatrième trimestre uniquement, le dollar canadien s’est déprécié de 12,9% par rapport à un panier de devises mondiales.

Grâce à une reprise à la fin du quatrième trimestre, les obligations canadiennes ont connu une hausse annuelle de 4,5%, ce qui est tout de même inférieur à la progression de 6,4% enregistrée par l’indice de référence diversifié universel DEX.

«Les obligations à court terme ont le mieux fait. La qualité de crédit a été primordiale dans l’ensemble des catégories d’échéance. Le rendement annuel des obligations fédérales à long terme a excédé de 24% le rendement des obligations de sociétés à long terme», a fait observer Don McDougall.