Le président du syndicat de travailleurs forestiers Dave Coles a réagit vivement à la décision de la Cour supérieure du Québec qui permet à AbitibiBowater d’ignorer ses responsabilités vis-à-vis le régime de retraite des travailleurs, qualifiant de « première salve dans une offensive plus vaste visant à priver les travailleurs de leur retraite ». Il a avancé aussi que le gouvernement fédéral doit agir dès maintenant pour s’attaquer aux lacunes des régimes de retraite privés.
En vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (CCAA), la compagnie a reçu la permission de suspendre les contributions devant combler le déficit actuariel du régime de retraite des travailleurs.
« Cette décision est regrettable et profondément injuste », dit M. Coles, le président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier. « Le fait de ne pas effectuer ces contributions feront que le déficit actuariel de la compagnie croîtra, mettant la table pour des déficits de plus en plus importants du régime de retraite ».
« Avec une économie en difficulté comme la nôtre, il s’agit d’un scénario qui risque de se répéter souvent alors que de plus en plus de compagnies – et pas seulement dans le secteur forestier – demanderont une protection contre les créanciers et que les cours décideront de la manière dont le butin sera partagé ».
« Il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond dans un système qui place les retraites des travailleurs dans la même catégorie que les banques et les fonds spéculatifs », commente Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier du SCEP.
« Lorsque les gens travaillent pour gagner leur vie et assurer leur retraite, ils ne se voient certainement pas comme des investisseurs en capital de risque qui osent un placement risqué. Il est tout simplement injuste qu’en ces temps de crise économique, les contributions au régime de retraite passent après les banques et les fonds spéculatifs. Les travailleurs se voient repoussés en fond de grille », poursuit M. Ménard.
« Les régimes de retraite dans les secteurs de la forêt, de l’automobile ou du transport, sont en difficulté partout au Canada, a ajouté M. Coles. Le gouvernement fédéral doit s’assurer que les lacunes du système sont adressées de manière à aider la réorganisation de l’industrie tout en protégeant les travailleurs. »