Les turbulences survenues sur les marchés financiers n’ont pas provoqué de changements majeurs dans l’allocation des placements alternatifs pour les investisseurs institutionnels, selon les résultats d’une étude sur les fonds alternatifs effectuée par State Street Corporation.

Trois quarts d’entre eux ont affirmé ne prévoir aucune modification dans leurs allocations de portefeuille. Par ailleurs, bien que les résultats de l’enquête dévoilent une réduction modeste de l’allocation totale vers les fonds alternatifs, la majorité des institutions ont fait état de leur intention d’accroître ou de maintenir leurs allocations actuelles sur ce segment dans les douze prochains mois.

Les détenteurs d’actifs internationaux ayant pris part à cette étude comprenaient des responsables de fonds de retraites publics et gouvernementaux (37 %), de fonds de pensions privés (19 %), de fondations (29 %) et de compagnies d’assurance (5 %), représentant un total d’actifs estimé à plus de mille milliards de dollars.

« Les fonds alternatifs n’ont pas été épargnés par l’extrême volatilité régnant sur les marchés », a déclaré Gary Enos, vice-président exécutif chez State Street, responsable de la gestion des relations clients et du service à la clientèle au sein de l’équipe Alternative Investment Solutions de State Street. « Malgré le fait que les fonds alternatifs, y compris les hedge funds, aient largement surperformé les investissements traditionnels en 2008, les rendements négatifs enregistrés ont naturellement déçu ».

Les résultats de l’enquête montrent un léger recul des allocations totales vers les fonds alternatifs, la proportion d’institutions ayant alloué plus de 5 % de leurs portefeuilles aux hedge funds ayant diminué des deux-tiers (68 %) en 2007 à la moitié (51 %) en 2008. Cependant, la plupart des institutions ont l’intention d’accroître (49 %) ou de maintenir (39 %) leur allocation aux fonds alternatifs l’année suivante. Les investissements utilisés pour financer ces nouvelles positions en fonds alternatifs proviendraient majoritairement d’allocations en actions (80 %), contrairement à 2007 où deux institutions sur cinq (39 %) prévoyaient de dégager ces fonds de leurs allocations en obligations.

Plus de la moitié des institutions (53 %) ont alloué plus de 5 % de leur portefeuille à du capital d’investissement (private equity), et la moitié d’entre elles comptent augmenter leur allocation dans cette classe d’actif au cours des 12 prochains mois.

Une valorisation précise et plus de transparence
La difficulté croissante pour déterminer la valeur exacte des produits dérivés et autres instruments financiers complexes est l’un des défis majeurs créés par la volatilité récente des marchés. En conséquence, évaluer correctement la valeur des titres détenus est considéré comme problématique par un plus grand nombre d’institutions (77 % contre 55 % en 2007). Deux-tiers des investisseurs institutionnels (64 %) attribuent la valorisation précise de leurs titres à l’utilisation d’un administrateur de fonds indépendant, illustrant l’importance du rôle que peuvent jouer les prestataires externes dans ce secteur.

Les investisseurs institutionnels continuent en outre de mettre l’accent sur la transparence. Cinq institutions sur six (84 %) s’attendent à la divulgation d’informations plus détaillées sur les positions des hedge funds et près de la moitié (49 %) anticipent des rapports plus fréquents de la part des gestionnaires de fonds alternatifs. Dans le même temps, seuls 19 % d’entre eux reçoivent actuellement un niveau de transparence homogène sur l’ensemble des titres détenus.

De façon unanime, les programmes de gestion du risque mis en place par les investisseurs institutionnels sont perçus comme étant de plus en plus sophistiqués. Tandis qu’un tiers des institutions accentuent davantage l’analyse qualitative dans le cadre du contrôle continu de la performance des fonds alternatifs, la moitié d’entre elles prennent en compte à la fois l’analyse qualitative et quantitative. De plus, près des deux tiers (61 %) des investisseurs institutionnels ont l’intention de procéder (17 %) ou ont déjà procédé (44 %) à l’agrégation de leurs expositions aux risques liés aux investissements alternatifs avec d’autres expositions du portefeuille afin de dégager une estimation sérieuse du risque à travers l’ensemble de celui-ci.

Corrélations entre pertes et rendement d’investissement
Les institutions affirment que le risque de pertes d’investissement représente la plus grande menace pour le secteur des fonds alternatifs aujourd’hui (26 %). Ce risque est principalement dû au fait que, malgré la surperformance de plus de 20 % en 2008 des indices de fonds alternatifs par rapport aux indices de référence des actions (tels que l’indice S&P500), les rendements en baisse des fonds alternatifs ont quand même déçu.

Bien que moins fréquentes, les questions portant sur la différentiation des hedge funds demeurent un sujet évoqué. Cette année, 19 % des investisseurs ont exprimé leur inquiétude quant à la corrélation des rendements des fonds alternatifs avec ceux des investissements traditionnels, comparé à 23 % l’an dernier.