Les perspectives de placement de la prochaine décennie s’annoncent très positives, croit le gestionnaire vedette Jim O’Shaughnessy. En entrevue, il a déclaré que les investisseurs pourraient décrocher des rendements dans les deux chiffres plus tôt qu’ils ne le croient.

Adepte de l’approche quantitative, où les décisions de placement s’appuient sur des critères purement mathématiques, Jim O’Shaughnessy a indiqué que l’histoire est un allié précieux des investisseurs. Après avoir épluché plus de 100ans de données boursières américaines, il a remarqué que la tendance à long terme des marchés est de toujours se rapprocher de la moyenne historique des rendements boursiers, c’est-à-dire 7% après inflation.

Or, comme les Bourses se sont considérablement éloignées de cette moyenne en 2008, il y a tout lieu d’espérer un éventuel retour du balancier. Pour étayer sa thèse, Jim O’Shaughnessy a analysé l’évolution du prix des actions au cours de l’année qui a suivi 12 des pires débâcles boursières.

Dans tous les cas, on a assisté à des rebonds «phénoménaux» peu de temps après les effondrements. En moyenne, les rendements ont été de +25,8% dans l’année suivant la correction. Après trois ans, c’était +11,46%, cinqans, c’était 13,39%. Au bout de 10ans, les rendements se sont chiffrés à 10,75%.

Depuis 1990, seules trois décennies se sont terminées dans le rouge en termes de performance boursière:

  1. de 1910 à 1919
  2. de 1970 à 1979
  3. de 2000 à 2009.

Or, dit le gestionnaire, les décennies 1910-1919 et 1970-1979 ont débouché sur des âges d’or pour les Bourses. Si l’histoire est un indicateur fiable, tout est en place pour une reprise spectaculaire.

Le plein d’actions
On comprend pourquoi Jim O’Shaughnessy fait le plein d’actions ces temps-ci. «Je ne dis pas souvent ça, mais c’est le moment d’acheter de tout», a-t-il souligné. Il affectionne les titres de grande capitalisation de croissance. Pour les entreprises à petite capitalisation, il mise sur les actions de valeur, particulièrement malmenées au cours du 4etrimestre de2008.

Il est aussi un fan fini des actions de qualité qui rapportent des dividendes. «Ces titres sont une bénédiction pour les investisseurs prudents. Nous ne retenons que les actions d’entreprises qui sont des leaders dans leur domaine. Nous définissons ces sociétés comme étant celles dont les revenus, la capitalisation boursière, le nombre d’actions en circulation et la capacité à produire des fonds autogénérés sont plus élevés que la moyenne.»

Dans un univers où l’on trouve plus de 8000 titres d’entreprises, cela représente seulement 340 candidates, dit Jim O’Shaughnessy.

Malgré son excellente réputation, Jim O’Shaughnessy a de la difficulté à convaincre les investisseurs. «Ils sont terrifiés, incapables de prendre du recul par rapport à ce qui leur est arrivé. Ils ne comprennent pas que cela s’est déjà produit dans le passé et que nous ne sommes pas les seuls à avoir subi [une correction boursière].» L’économie fonctionne par cycles, précise-t-il, et cette réalité est incontournable.