En dépit de la récession qui s’annonce, la majorité des employeurs canadiens font preuve de circonspection et évitent autant que possible les mises à pied, indique un récent sondage mené par Hewitt & Associés. En fait, les organisations cherchent d’autres solutions pour composer avec les contraintes budgétaires visant les ressources humaines, tout en continuant d’investir dans les programmes qui stimulent la mobilisation des employés.

Les résultats du sondage indiquent que la plupart des employeurs envisagent d’apporter des changements dans une perspective d’avenir. En effet, peu d’entre eux resserrent leurs programmes d’avantages sociaux, préférant plutôt couper dans les dépenses discrétionnaires, comme les voyages d’affaires.

«Les employeurs savent que la récession ne sera pas éternelle et ils ne veulent pas se retrouver à court de personnel ou de compétences quand les affaires vont reprendre», note Lucie Paquet, conseillère principale auprès de Hewitt.

Mises à pied limitées, embauche réduite
Cinquante-trois pour cent des participants au sondage freinent leurs efforts de recrutement et 47% imposent un gel de l’embauche. Quant aux mises à pied, 31% des 192organisations participantes prévoient y avoir recours, principalement dans les secteurs manufacturier, financier, pharmaceutique et de la vente au détail.

Pour le moment, les programmes de retraite anticipée ne figurent pas dans les plans des entreprises. En fait, seulement 15% des participants offrent déjà, ou prévoient offrir, un programme de retraite anticipée et 80% ne prévoient pas utiliser de programme de départ anticipé comme outil de gestion des effectifs.

Avantages sociaux essentiellement intacts
Peu d’organisations prévoient couper dans les avantages sociaux de leurs employés. Environ 80% des participants au sondage disent vouloir garder intacts leurs régimes d’assurance maladie, dentaire et invalidité. Certains employeurs espèrent même bonifier leur programme d’avantages sociaux. Les mesures qui visent le bien-être des employés et les aident à gérer le stress semblent particulièrement populaires, notamment les programmes de santé et bien-être et la couverture de services paramédicaux comme la physiothérapie ou la massothérapie.

«D’autres avantages sociaux seront aussi maintenus ou même bonifiés. La plupart des employeurs considèrent que les programmes de reconnaissance et de fidélisation des employés, et les programmes de formation et de perfectionnement, sont de bons moyens de maintenir le niveau de mobilisation des employés, c’est-à-dire leur désir de demeurer à l’emploi de l’organisation et de déployer de réels efforts pour sa réussite, souligne Lucie Paquet. De plus, la majorité de ces programmes ne sont pas très coûteux, comparativement à d’autres avantages sociaux. Il s’agit donc d’une dépense judicieuse tant du point de vue des employés que de celui de l’employeur.»

Selon les résultats du sondage, la plupart des employés retraités ou dont le départ à la retraite approche ne risquent pas davantage d’être touchés par un resserrement des budgets consacrés aux ressources humaines. Seulement 5% des participants prévoient réduire les avantages sociaux des employés à la retraite et une proportion encore plus faible envisage de diminuer les cotisations de l’employeur ou les services aux participants des régimes de retraite. Voilà de bonnes nouvelles pour les employés dont la retraite approche et pour les retraités dont les économies ont été durement touchées par la débâcle des marchés.

Plusieurs employeurs tentent néanmoins de réduire leurs dépenses d’avantages sociaux, principalement en appliquant des mesures sans incidence directe sur les employés et leur famille. Par exemple, environ 25% songent à demander une réduction des frais d’administration, commissions et honoraires des fournisseurs externes de leurs avantages sociaux. Environ 11% seulement prévoient retrancher du personnel de soutien interne affecté aux avantages sociaux et aux régimes de retraite.

Les coupes les plus importantes viseront les voyages d’affaires: 58% des participants prévoient une réduction importante ou faible à ce chapitre. Les fêtes de fin d’année ont aussi été montrées du doigt: 10% des organisations prévoyaient une réduction importante des dépenses cette année, alors que pour 22% des participants, la réduction prévue était faible.