Les travailleurs canadiens sont stressés, anxieux et inquiets à propos de leur emploi, ils dorment mal et n’ont plus confiance en l’économie, selon le sondage nationale À votre santé! publié par Desjardins Sécurité financière à l’occasion de la Semaine nationale de la santé mentale.

Selon ces résultats, un grand nombre de travailleurs canadiens ont l’impression d’avoir perdu la maîtrise de leur vie alors que la récession économique provoque une hausse du taux de chômage et que leur sécurité financière semble s’effriter.

Le sondage fait ressortir aussi que le tiers des répondants est plus stressé aujourd’hui qu’il y a un an. Près du tiers des travailleurs canadiens (30 %) souffrent d’anxiété et d’insomnie, et même, de maux de tête, de douleurs musculaires ou d’autres tensions physiques qui sont souvent des signes précurseurs de problèmes plus graves de santé.

L’argent, la charge de travail et la sécurité d’emploi constituent les trois aspects les plus stressants de la vie des travailleurs liés à leur emploi. La grande majorité (83 %) convient qu’elle accorde maintenant plus d’attention aux finances personnelles ainsi qu’aux dépenses qu’avant la récession.

Leurs heures de travail semblent avoir augmenté puisque 54 % des répondants ont l’impression que la crise actuelle a une incidence sur l’équilibre de leur vie professionnelle et personnelle. De plus, 43 % craignent de perdre leur emploi.

Inquiétudes face à une récession plus longue
Un autre signe de la plus grande inquiétude des répondants est leur conviction que la récession durera beaucoup plus longtemps que ne le prédisent la plupart des économistes. Selon le sondage, 34 % croient que la récession durera moins d’un an alors que 47 % considèrent qu’elle s’étirera sur plus d’une année.

« De nombreux travailleurs ont clairement perdu confiance, les signes en sont nombreux et ils pourraient mener à des problèmes plus graves de santé mentale au fil du temps », déclare Taylor Alexander, chef de la direction du bureau national de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM).

Lucie Cormier, vice-présidente Assurance salaire et Centre de contact avec la clientèle, assurance pour les groupes et les entreprises chez Desjardins Sécurité financière, constate qu’un milieu de travail stressant a un effet à la hausse sur les taux de présentéisme et d’absentéisme et, par conséquent, sur les demandes de prestations d’assurance salaire de courte durée liés aux problèmes de santé physique et mentale. Les jours perdus en raison d’une invalidité relative à des troubles de santé mentale augmentent donc. C’est pour cette catégorie d’invalidité que le nombre de réclamations croît le plus rapidement au Canada.

« Lorsqu’elles investissent pour leurs employés, les entreprises investissent aussi au profit de leur organisation. Habituellement, un milieu de travail favorisant la bonne santé mentale reçoit moins de demandes de prestations d’invalidité, présente moins d’absentéisme et jouit d’une meilleure productivité, indique Mme Cormier. Il exige toutefois un véritable partenariat entre l’employeur et ses employés puisque ces derniers sont aussi responsables de prendre soin de leur santé et de gérer leur niveau de stress. »

Il s’agit donc d’accorder aux employés les outils qui les aideront à mieux maîtriser leur vie, comme les communications ouvertes entre tous, le travail d’équipe pour la recherche de solutions, les horaires flexibles, le soutien auprès de ceux qui éprouvent des difficultés et la promotion de l’équilibre travail-vie personnelle.

Pour défier l’impact du stress dans leur milieu de travail, les employés doivent aussi prendre leurs responsabilités. Par exemple, entretenir leur employeur des sources potentielles de problèmes qu’ils remarquent et prendre soin de leur santé tout en se concentrant sur leurs accomplissements et leurs objectifs. Ou encore, faire preuve de proactivité en, explorant d’autres possibilités de carrière ou cheminements professionnels et en tissant des liens par le réseautage pour découvrir de nouvelles perspectives d’emploi.