A-t-on vraiment besoin de 70 % de son salaire une fois à la retraite, comme le prétendent plusieurs personnes? Il semblerait que cette idée reçue serait basée sur quelques facteurs qui ne s’appliquent pas à la réalité d’un retraité.
C’est ce qu’affirme Fred Vettese, actuaire en chef chez Morneau Sheppel, dans les pages du Financial Post. M. Vettese explique que cette proportion a été déterminée en se basant uniquement sur le fait qu’une fois à la retraite, on n’a plus besoin d’épargner et qu’on paie moins d’impôt. « Mais, dans la vraie vie, il y a d’autres dépenses qui n’existent plus », explique-t-il.
Quelles sont ces dépenses? La plupart des retraités n’ont plus leurs enfants à la maison, ce qui réduit leurs dépenses. Il en va de même si leur maison est payée. De plus, ils n’ont plus à se déplacer au travail tous les jours, ce qui réduit les dépenses de transport (essence ou transport en commun).
M. Vettese affirme que les Canadiens vont devoir se fier beaucoup plus à leur épargne personnelle et à leur régime de retraite pour assurer leur revenu de retraite, mais spécifie qu’un couple qui avait un revenu familial de près de 100 000 $ peut très bien vivre à la retraite avec 51 000 $, s’ils n’ont plus de dépenses liées à leurs enfants, à leur hypothèque, à leur emploi, à l’épargne-retraite et ils profitent de niveaux de taxation moins élevés.
Selon M. Vettese, si les retraités ont épargné un peu pendant leur carrière (6,5 % de leur revenu pendant 35 ans), ils pourraient même vivre avec 43 % de leur revenu. « Pour les gens qui avaient un plus gros salaire, ce dont ils auraient besoin avoisine plutôt les 40 % à 45 % que 70 % », ajoute-t-il.
La réalité selon lui est que 70 % du salaire permet une qualité de vie plus luxueuse que pendant les années de travail. De plus, il faut garder en tête selon lui que les retraités, s’ils ont tendance à dépenser plus au début de leur retraite, plus ils vieillissent, plus ils ont tendance à épargne, simplement parce qu’ils dépensent moins. Des données de Statistique Canada démontrent même que les gens épargnent plus à 80 qu’à 40 ans, ajoute-t-il.